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 L'Ombre de Glace

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Céridwen
L'Ombre de Glace
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MessageSujet: L'Ombre de Glace   Sam 3 Fév - 21:48


"Céridwen, je m'appelle Céridwen et je n'aurai plus jamais aucun maître ! Je vous traquerai et vous souffrirez comme vous m'avez faite souffrir ...."

Se libérant des dernières chaînes qu'elle aurait jamais aux pieds, la jeune iopette se glissa dans la nuit, ne portant que ses vieux haillons sanglants, serrant encore à la main l'immense couteau de cuisine acéré avec lequel elle venait d'égorger sauvagement son dernier tortionnaire.
S'enfuyant loin de Bonta, des "anges" qui l'avaient avilie, brisée et généralement rabaissée au rang de favorite soumise par la force, son visage baigné tant de larmes de rage que de soulagement, elle gouttait pour la première fois de son existence à la liberté. La nuit n'a pas la même douceur ni le vent le même goût quand ils sont reçus par un corps qui n'appartient qu'à lui-même.

Tout en ruminant sa haine, son esprit se remémorait sa vie, forgeant des résolutions définitives, des règles qu'elle suivrait le restant de ses jours. La première étant que jamais plus on ne la forcerait à plier l'échine. Jamais plus on ne la soumettrait, ne lui imposerait la moindre décision ou action sans qu'elle n'y aspire par elle même. Plus personne à qui il faudrait obéir, qu'il faudrait satisfaire faisant fi de son dégoût, de sa peur et de sa douleur, ne plus jamais être l'esclave de quiconque et ne plus jamais se laisser traiter en tant que telle. Ne plus jamais se dire qu'elle n'avait pas le choix, souhaitant mourir à chaque instant plutôt que de sentir une fois de plus des mains qui la terrifiaient se poser sur elle.
En faisant sienne cette règle, elle termina de forger cette armure de glace salvatrice, derrière laquelle elle s'était si souvent réfugiée pour supporter l'intolérable. Une armure si épaisse et solide que personne n'en viendrait jamais à bout, alliant haine, sarcasmes, méfiance extrême, elle oublierait la confiance et ne compterait plus que sur elle même.

"Une Ombre de Glace, voilà ce en quoi ils m'ont transformée... Moi qui croyais dans le bon, l'amour et le bonheur, ils l'ont transformé en haine, froideur et méfiance. Soit, je serai donc L’Ombre de Glace, et je me servirai d'eux comme ils se sont servis de moi. Hommes, anges ou Bontais, vous vous êtes créé votre pire ennemie et, j'espère, votre pire cauchemar. "

Marquant une pause dans sa course effrénée vers le sud, elle s'assit au pied d'un amas rocheux. Posant ses coudes sur ses genoux repliés, elle tendait l'oreille pour repérer une éventuelle poursuite... Rien, par un bruit en dehors des grillons, des ronflements de quelques Porkass et d'épisodiques craquements sûrement dus à ces monstres de pierre dont elle avait entendu parler. Elle laissa échapper un sourire féroce et méprisant "Aucune solidarité, on égorge l'un des leurs au sein même de leur blanche cité, ses hurlements font trembler les pierres des maisons et personne ne s'en préoccupe. Continuez à être sourds aux vôtres mes anges, ça fera mon affaire quand l'heure de ma vengeance sera venue."

Elle observa la lame sanglante qu'elle tenait encore en main, symbole de sa liberté, cette lame qu'elle avait enfoncée jusqu'à la garde dans la gorge de Sieur Marcilius Long-nez, tailleur bontais prospère. Il avait acheté la iopette à son précédent maître, sous le fallacieux prétexte d'acquérir une domestique. Encore une fois, dans sa naïveté, Céridwen avait cru que ce nouvel acquéreur la sauverait des griffes perfides et avides de son tortionnaire actuel. Quelle chimère! Marcilius avait été le pire de tous sans doute... Tournant et retournant le long couteau, elle se fit une promesse: à la prochaine trahison, au prochain qui essaierait de lui faire porter les chaînes de l'esclavage et de l'infamie, elle se servirait de cette lame pour sa propre gorge si elle était encore trop faible pour terrasser son ennemi.
Forte de cette décision, elle reprit sa route vers le sud, laissant derrière elle les tours de guet de Bonta et les plaines rocheuses, commençant à traverser les champs emplis de fleurs bien plus agressives qu'il n'y paraissait.

Sa vie, pour se qu'elle s'en souvenait, avait commencé par une trahison. Ses souvenirs remontaient à sa quinzième année, rien d'autre avant. Elle avait essayé durant tout ce temps de faire ressurgir des souvenirs plus anciens, une enfance, des parents … rien. Elle avait fini par se dire que son âme et son cœur avaient effacé les moments heureux (du moins elle espérait en avoir eu) qu'elle avait passé avec sa vraie famille, afin de nourrir sa rage et ses désillusions quant à la possibilité de vivre heureuse et insouciante. Comme chaque fois qu’elle s’apprêtait à se remémorer cette période, elle fit tourner l’anneau qu’elle portait au doigt, seule chose qui lui restait de son passé. Son premier souvenir était aussi clair que si elle avait vécu les évènements la veille: elle était dans un champ, il faisait beau et particulièrement chaud, elle entendait des rires dans les hauts épis de blé, les chants des faucheurs qui travaillaient dans la joie, elle avait quinze ans. Heureuse et fière qu'on lui fasse confiance, elle avait une faucille en main et était en train de couper du lin à l'écart du champ de blé. Un mouvement derrière elle agita les tiges, mais il y avait tant de monde en ce début d'été qui allait et venait pour cueillir ou faucher qu'elle n'y prêta pas attention. "Sûrement un jeune homme qui vient quêter mes faveurs", pensa-t-elle , un sourire amusé et fier aux lèvres. Elle était consciente de son charme, des regards appuyés qui la suivait et de l'intérêt qu'elle suscitait, ce charme qu'elle allait maudire les dix années suivantes, cause de toutes ses douleurs.

Se redressant, souriante, elle se tourna, attendant que le nouvel arrivant apparaisse entre les fleurs de lin. Elle repoussait une mèche de cheveux bleus qui lui tombait dans les yeux, sa faucille pendant au bout de son bras, quand elle vit surgir un enu rigolard et féroce qui brandissait une pelle démesurée avec une dextérité surprenante pour son âge. Elle ne vit pas le blason qu'il arborait, elle ne vit que deux immenses ailes blanches au dessus de lui. Ecarquillant les yeux, où se mêlaient stupéfaction et terreur, elle ouvrit la bouche pour appeler à l'aide, mais la vieille main calleuse s'abattit avec une rapidité telle, la bâillonnant à l'instant, qu'elle n'eut pas le loisir de pousser un souffle. Lui posant la lame de sa hache sur le cou, il la plaqua contre elle, l'enserrant de telle sorte qu'aucun mouvement ne lui soit plus possible. Une voix moqueuse, éraillée par une vie passée à respirer la poussière de minerai lui susurra dans l'oreille: "Héhéhé pas de ça fillette, tu es trop jolie pour gâcher une telle marchandise n'est ce pas? Je suis persuadé que tu tiens à la vie, alors si je ne me trompe pas, tu vas te taire car, si un son sort de ta charmante gorge, crois bien que ça sera le dernier. Ah! Et lâche donc cette ridicule chose que tu tiens en main, tu risquerais de te blesser".
Céridwen n'arrivait pas à savoir ce qui la terrifiait le plus: cette voix cassée, les relents de mauvaise bière et de rhum, le calme et la fausse sollicitude mêlés d'une joie carnassière qu'elle sentait dans la voix de l'enu....Un peu de tout certainement, elle lâcha donc sa faucille, l'entendant tomber sur les tiges de lin fraîchement coupées et ne prononça pas un mot quand la main, sale et couturée de nombreuses cicatrices, quitta ses lèvres. " Tu es raisonnable ! A la bonne heure, nous allons merveilleusement nous entendre, car ta rencontre et ta bonne santé me sont plus précieuses que tu ne peux l'imaginer", osa t'il dire du ton le plus guilleret et avide qu'il lui eut jamais été donné d'entendre. "Mais pour l'heure, tu m'en vois navré, mais j'ai besoin de te conduire en toute quiétude, *L'énu afficha un air faussement désolé sous lequel perçait une jubilation féroce* et pour cela......... » Céridwen n'entendit pas la fin de sa phrase, elle n'eut que le temps de sentir son crâne irradier de douleur quand le manche de pelle du papi s'abattit.

Serrant et desserrant les dents, crispant sa main sur le manche de son dérisoire mais salvateur couteau, elle se remémorait ce premier souvenir en dépassant le territoire de créatures gnomiques, détentrices de pierres qui faisaient tourner la tête de tous les aventuriers, sans distinction de classe ou d'appartenance à une cité spécifique. Les larmes aux yeux, comme chaque fois qu'elle repensait au "commencement" de son enfer, elle hurla "Tu m'as vendue au plus offrant comme une vulgaire ressource !! Tu m'as vendue en tant qu'esclave à un Bontais "bien sous tous rapports", un être abject qui a abusé de moi dès qu'il est arrivé à esquiver mes coups. *Céridwen éclata d'un rire démoniaque et sauvage, où perçait la douleur et le désespoir* Je n'aurais de cesse de me venger de vous, quitte à ce que je me cache sous des ailes blanches pour ça. Le loup dans la bergerie. Je vais acquérir des cercles de puissance, et vous verrez mes agneaux, vous verrez que Céridwen n'est pas aussi docile et soumise que vous l'avez contrainte à le paraître. Ma fierté n'aura d'égale que ma férocité, et j'irais vous traquer au sein même de vos demeures. Vous n'avez fait aucun cas de mon innocence, de mon enfance et de mon ignorance, je ferais de même soyez en surs. Vous m'avez donné la rage de me battre, de survivre à tout et votre destruction sera mon seul but. Plus rien ne peux m'atteindre après ce que vous m'avez fait"

Continuant sa route nocturne, ses pas la guidaient vers le seul lieu logique, une sorte d'appel intérieur lui permettait d'éviter miraculeusement les monstres les plus agressifs de ces landes. "Brâkmar....." laissa t’elle échapper dans un souffle.


Dernière édition par le Dim 4 Fév - 9:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Ombre de Glace   Sam 3 Fév - 21:52

Descendant toujours plus vers le sud, augmentant inexorablement la distance qui la séparait de la Cité Blanche. Chaque pas était une nouvelle bouffée d'air, chaque repas difficilement chassé ou cueilli un festin, parce qu’elle était libre, libre de faire ce qui lui plaisait, libre de son destin… Enfin !

……….

Quelques années passèrent… Elle ne garda de son ancienne vie que le couteau qui l’avait libéré et son vieil anneau qu’elle avait toujours possédé, sans vraiment savoir à quoi il servait, seul « souvenir » d’avant sa captivité.

Accueillie par une famille d’alchimistes sram Brâkmariens, dont le fils s’entrainait rudement pour entrer dans la milice, elle apprit les rudiments du métier de sa famille d’adoption. Elle n’avait aucun souvenir d’avoir connaissance des diverses plantes utiles, cependant, leur utilisation lui était naturelle, comme si d’anciens savoirs enfouis refaisaient surface.
Le matin, elle cueillait, les après midis étaient consacrés à la confection de potions simples mais la nuit, elle s’entrainait en secret avec le fils, Zart, qui avait suffisamment progressé pour entrer au service d’un haut dignitaire Brâkmarien. Il aurait pu être doublement puni de s’occuper de Céridwen, en premier lieu par ses parents qui tentaient tant bien que mal d’ôter toute douleur, idée guerrière, désir de puissance et de vengeance de la tête de la jeune iopette. Deuxièmement, par ses supérieurs qui auraient pendu le jeune sram si ils avaient su qu’il révélait certains des « secrets » circulant dans les différents palais Brâkmariens où il allait en mission pour son maître.

Elle s’aguerrit, appris le maniement des épées et des dagues, développa sa sournoiserie et sa fourberie, se sentant finalement bien plus proche des srams que des iops : elle adressait d’ailleurs en secret ses rares prières au dieu d’illusion et de rouerie qu’est le grand Sram…
Elle découvrit un peu le monde, sa « famille » l’emmenant régulièrement sur les marchés hors de Brâkmar afin de lui faire côtoyer les gens les plus divers et chamarrés, lui faire également rencontrer les quelques Bontais droits et honnêtes (du moins selon l’idéal sramesque) qu’ils connaissaient. Longtemps ils firent ce travail de sape voué à affaiblir sa haine, à étouffer son désir de vengeance, non pas par pure charité, les srams restent des srams ! Mais parce que son sens du dialogue, du charme et de la fourberie était une denrée rare pour des commerçants désireux de s’enrichir. Ils l’aimaient, nul doute à ce sujet, leur but en recueillant et trainant Céridwen avec eux n’était pas uniquement intéressé par l’utilisation de ses talents naturels d’oratrice, d’esquive verbale, la confiance qu’elle provoquait infailliblement, ou le sens insolent du contact qu’elle pouvait avoir, mais comme le disait Solvran, son père adoptif, faisant craquer ses os en ricanant : « Quand un membre de la famille est doué pour quelque chose, Sram m’est témoin que nous ne devons pas la gâcher en n’utilisant pas ces atouts innés non ? »
Céridwen n’était pas dupe de « l’utilisation » qu’ils faisaient d’elle pour négocier avec la clientèle, lier de nouveaux contacts avec de riches familles ou commerçants par son entremise, mais ça l’arrangeait plutôt, et elle se sentait ainsi déliée de toute dette envers eux pour ce qu’ils avaient fait pour elle. Il s’avéra bien vite que son sens du commerce était assez déplorable, elle ne semblait avoir aucun goût pour ce qui était de marchander des objets : ils avaient tant travaillé à apaiser ses envies de meurtre qu’elle devenait parfois trop serviable, n’hésitant pas à offrir certaines ressources qu’elle aurait pu facilement vendre. Ils la laissaient donc s’occuper des relations avec la clientèle uniquement, et leurs coffres ne s’en trouvèrent que plus remplis.

Cependant, dévorée par sa fierté et ses ambitions, Céridwen n’avait nullement renoncé à son désir de vengeance, s’entrainant chaque jour plus durement en secret : elle s’était profondément attachée à sa famille sram et ne voulait en aucun cas les pousser à la rejeter si ils découvraient qu’elle cachait sous sa cape une petite paire d’ailes blanches qu’elle s’était imposé pour mieux aller espionner ses ennemis de toujours. Sa soif de puissance, d’indépendance et de liberté la poussaient à apprendre vite et tout ce qui pouvait lui sembler utile ou intéressant à savoir.

Alors que le temps commençait à lui sembler un peu long, qu’elle sentait que le commerce ne pouvait plus la satisfaire et qu’elle devait continuer sa route, ses « parents » décidèrent de tenter d’ouvrir leur commerce aux alentours de Bonta. Sa première pensée fut la peur, la crainte d’y retourner, peur qu’on la reconnaisse, qu’on l’enferme de nouveau. Elle avait cependant appris à maitriser ses terreurs en les transformant en rage et en obstination. Elle se domina pour ne garder que la colère froide, ne voyant qu’une opportunité supplémentaire d’approcher de plus près ceux à qui elle en voulait tant. Elle suivi donc Solvran et son épouse pour une année de florissant commerce, les Bontais étant d’une naïveté à toute épreuve ! Cette année si proche de la cité Blanche tassa un peu sa haine, augmenta sa confiance voyant que la collaboration bontais – brâkmarien pouvait exister, tout au moins au niveau commercial. Sérénité et calme commençaient à s’installer, elle décida de quitter sa famille de cœur, pour enfin entamer sa vraie vie, sure de ses capacités guerrières et moins hargneuse qu’auparavant.


Puis il y eu Kitaku … Ange iop, charmant, épris d’elle autant qu’elle de lui, empli d’égards, attentif à elle, à ses besoins, fier de ses progrès, toujours tendre et présent. Elle se reprit à croire au bonheur, se demandant au fil du temps si, tout compte fait, elle n’avait pas fait fausse route et placé une haine trop généralisée et démesurée sur les Bontais mâles… Son tendre et doux Kita, lui si fidèle et aimant, comment penser qu’il puisse lui faire du mal ? Comment se venger sur lui de ses années noires ? Deux ans, deux années de gaité, de rires, de combats côte à côte et d’amour pur. La guerre qui déchirait Brâkmar et Bonta lui semblait loin, et le poids de ses ailes blanche ne la dérangeait finalement plus tellement même si elle gardait sa fierté, son sarcasme et son ironie de toujours. Elle avait fini par accepter la demande en mariage de Kitaku, avec joie et entrain, quoi qu’un pincement de cœur et une crainte sourde qu’elle avait vite étouffé, confiante qu’elle était en leur bonheur. Folle qu’elle avait été, abandonner son armure de glace pour offrir son cœur et sa confiance….. !! Dix ans de haine, de rancoeurs, de méfiance, de fierté et de liberté qu’elle avait laissé s’endormir, s’amoindrir, pour finir par épouser … un ange ! Un angélique Bontais blanc qui disparut sans le moindre mot d’excuse ou d’explication 15 jours seulement après qu’elle lui ait offert ses biens les plus précieux : sa liberté et sa parole d’être sienne…
Elle l’avait cherché, n’arrivant pas à croire à son abandon, pensant qu’il avait été tué, qu’il était retenu captif ou toute autre raison valable à son absence, mais rien … Il refit surface 2 mois plus tard pour lui dire qu’il était navré mais qu’il ne reviendrait plus. Aucune explication supplémentaire.

La haine de Céridwen, cette rage qui couvait jusque là explosa à l’instant où il disparut à jamais. « Trahison !! Encore et toujours la trahison et la douleur !! Mais ça sera la dernière !! Mon ultime erreur, ma dernière faiblesse envers les Bontais !! »
La douleur due à son amour bafoué, à sa fierté une fois de plus odieusement trahie, à sa confiance brisée à jamais décuplèrent sa hargne et sa rage amenuisées si patiemment par sa famille sram. A cet instant, son armure de glace se reforma autour de son cœur, plus épaisse même que lors de sa fuite de Bonta, son ironie et sa froideur explosant à la proportion de sa rage et de sa souffrance. Le coin désert de la forêt des Abraknydes dans lequel elle venait de voir disparaitre à tout jamais celui pour qui elle aurait tout donné, vit sa température baisser en un instant bien en dessous de zéro. Les feuilles des frênes et l’herbe se couvrirent anormalement de givre sur un rayon d’un mètre autour d’elle, au moment ou la colère de la iopette fut à son apogée. Nulle chronique ne relate ce changement climatique étrange, les zo7rnalistes devant dormir à l’heure tardive ou cela se produisit, mais l’Ombre de Glace renaissait, plus gelée et cassante que jamais, plus fourbe et sombre qu’une crevasse dans un glacier, trainant avec elle cette aura froide qui émanait désormais de son être à volonté.
Ce fut fini en quelques instants, la douceur forestière revint, Céri releva la tête, repoussa ses cheveux bleus qui tombaient sur son visage, mêlés à ses larmes, la dureté de son regard d’antan reprenant ses droits plus intense que jamais. Tombant à genoux, un sourire cruel aux lèvres, son ancienne habitude secrète de s’adresser à Sram s’imposa : « C’est donc ainsi, tu me refuses bonheur, sérénité et confiance ? Soit, nul n’est à blâmer que moi-même, imbécile qui a cru qu’un destin pouvait se modifier et se fuir… Sram, tu me veux fourbe, cruelle, glaciale, fière, puissante et calculatrice ? Il en sera ainsi. Je ne m’écarterai plus de ce chemin que tu sembles avoir tracé pour moi. Inconsciente, j’ai voulu croire en l’inconcevable, faire confiance à l’infâme, ma punition est méritée. Je m’en remets à toi Sram, je continuerai à t’appeler et à œuvrer dans l’ombre, comme je l’ai toujours fait, plus sournoise que le pire de tes disciple, Brâkmarienne parmi les anges, sram parmi les iops, glace au cœur du feu, femme assassine parmi les hommes confiants, Ombre parmi les Ombres … » Se redressant, elle vit l’herbe morte de froid à l’endroit où ses genoux reposaient l’instant d’avant, poussant un ricanement sauvage, elle ôta son alliance, la regardant avec curiosité, comme si l’utilité et le sens de cet objet lui échappait. Elle la laissa tomber sur la terre meuble et moussue encerclant une souche d’arbre, l’enfonça d’un coup de talon et partit sans un regard en arrière.


…………….
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Céridwen
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MessageSujet: Re: L'Ombre de Glace   Sam 3 Fév - 21:56

Elle écuma Amakna pendant un temps, ne vivant que pour le plaisir de vivre et d’augmenter sa puissance, tentant toujours de se dépasser. Le temps des rires et de l’insouciance étaient passés, le temps d’assumer et de faire honneur à sa condition Brâkmarienne venait de commencer bien qu’elle arbore encore ses ailes blanches . Elle appartenait toujours à la guilde dans laquelle Kitaku l’avait faite entrer, guilde qu’elle avait mis un temps à rallier, ne supportant pas de recevoir d’ordres de quiconque. Durant le temps ou elle n’avait rallié aucun groupe, quand on lui demandait pourquoi elle n’avait pas de guilde, elle répondait invariablement, de sa voix glaciale : "Parce que je ne veux appartenir à personne ", et, si ce n’est par amour pour Kitaku, il en serait resté ainsi. Mais sa vengeance commençât à prendre forme : les membres de cette guilde étaient tous Bontais, une grosse guilde connue et réputée, puissante et respectée. Elle s’arrangea pour en devenir la meneuse et la ruina en quelques semaines, abandonnant les membres à l’obscurité, au chaos et au désespoir.

Assez fière d’elle, elle reprit sa route, indépendante et fière. Pas une route solitaire cependant : elle avait toujours su s’entourer, utilisant sa capacité naturelle à lier des contacts, se servant de certains, fidèle et amie avec d’autres. Elle avait toujours au fond d’elle cette envie de chaleur, d’amitiés et de fidélité, elle ne trahissait pas et espérait toujours, sans se l’avouer vraiment, qu’elle pourrait faire confiance aux gens qu’elle appréciait. Cependant, elle était méfiante, froide et dure, suspicieuse de tout et de tous, à la limite de la paranoïa, n’offrant vraiment son amitié que rarement, et sans l’afficher. Pour ce qui était des gens qui l’indifféraient, elle s’en servait sans remords, en tirant tout ce qu’il était possible, que ça soit en informations ou en objets, mettant en application ce que lui avaient appris ses « parents » Sram.

Céridwen déboisa durant un temps incalculable la forêt des Abraknydes aux côtés de Clyde, un sram faisant honneur à sa race. Curieusement, ce personnage indépendant, fier et rigolard arriva à toucher son cœur. Ils firent un bout de route ensemble, devenant intimes et passant un temps infini côte à côte. Il lui réapprit le rire et le plaisir de la compagnie masculine sans qu’il ne soit jamais question d’officialiser leur relation, ce qui convenait parfaitement à Céridwen. On ne pouvait parler d’un amour aussi fort que celui qu’elle avait éprouvé pour Kitaku : sa trahison avait consumé sa capacité à développer et ressentir de l’amour vrai et rempli d’abnégation. C’était un profond respect, une tendresse calme et un jeu de séduction permanents envers ce sram si fuyant et rieur. Leur relation était tendre et ludique, mais la méfiance et la peur de la trahison l’empêchaient de donner son cœur complètement.
Cependant, elle avait besoin de présence et d’intérêt. Dans sa soif de se mettre en avant, et son besoin de reconnaissance, les absences répétées de Clyde commençait à lui peser. Ils décidèrent donc que la séparation serait la meilleure chose pour eux deux. Clyde avait besoin d’indépendance et Céridwen de présence et d’attention permanente.
Cette séparation, quoi que mutuellement consentie, lui fit plus mal qu’elle voulait bien le dire. Elle développa son inaccessibilité et refusait toute demande en mariage qui se présentait, ayant l’impression qu’elle était un trophée qu’ils essayaient de remporter, un défi à relever. Elle s’endurcit encore davantage et pris ce qu’elle pouvait prendre sans jamais rien offrir en retour que de faux espoirs.

Elle vivait assez bien, accédant toujours à ce qu’elle convoitait, elle avait pour habitude de dire avec un sourire carnassier aux lèvres : « Ce que Céridwen veut, Céridwen l’obtient toujours » ce qui était vrai. Tenace, obstinée à outrance, fourbe et manipulatrice afin d’arriver à ses fins, elle poursuivit sa vie sans heurts, attendant l’heure de sa vengeance. Elle rechercha des gens qu’elle pourrait manipuler, qui pourraient lui servir dans ses projets, ou avec qui elle pourrait œuvrer à la ruine des Bontais.
Un soir où elle chassait seule les bouftous, elle croisa une vieille connaissance, perdue de vue depuis fort longtemps, bien avant son mariage avec Kitaku. A l’époque, elle avait quitté sa famille sram et rire et espoir faisaient encore partie de sa vie, la gaité et l’amusement avaient pris le pas sur le besoin de se surpasser. En s’installant à côté de son vieil ami (elle avait décidément une affinité particulière pour la race sram…), elle le regarda un moment et son regard froid et dur se troubla en se remémorant leur première rencontre. A l’époque, elle défiait fièrement ses adversaires autour de la fontaine d’Amakna, aux côté de Koutchic, un personnage qui faisait honneur à son dieu ecaflip tant il était joueur et gai compagnon. Ils remportaient facilement ces défis amicaux, s’amusant du surnom dont on les avait affublés : « le couple de tueurs psychopathes ». Ils ne se prenaient pas au sérieux malgré leur efficacité guerrière, riant de tout et de tous, ne cherchant qu’à passer de bons moments ensemble et assez fiers de la réputation qu’ils se faisaient petit à petit en s’amusant. Depuis peu de temps, les adversaires se faisaient rares, les aventuriers étant plus occupés à débarrasser les environs d’Amakna de la quantité impressionnante de monstres en tous genres qui venaient de faire subitement leur apparition, qu’à se battre entre eux.
Ils avaient rencontré Kanibhaal un soir, à la sortie de la caverne qui débouchait sur des craqueleurs féroces. Il avait du faire une remarque qui n’avait pas plut à Céridwen car elle l’avait défié immédiatement, sans s’en rappeler la teneur exacte : surement un de ses trait d’humour dont il avait le secret et qui poussait parfois plus à l’attaque qu’à rire. Elle avait regardé son ami Koutichic, un sourire ludique aux lèvres et, sur un clin d’oeil, elle avait bondit contre le sram, ses dagues au poing, sure de leur victoire. Le combat ne fut pas très long mais amusant et la finesse de Kanibhaal fut immédiatement appréciée à la jeune iopette. Il n’avait hélas aucune chance contre les deux amis, et du rendre les armes assez rapidement. Au lieu de le laisser partir soigner ses blessures, l’éca fit encore une fois preuve de son profond amour pour le jeu.
- [color=darkred] Céri, dit-il dans un sourire rieur, apparemment la compagnie de ce sram ne t’as pas déplu il me semble
.
- En effet, il a été un fier adversaire malgré sa faiblesse face à nous et m’a bien amusée. Il est rare de rencontrer des gens de sa trempe et de son aplomb de nos jours. Son sort lui permettant d’invoquer un double de lui-même est aussi une arme qui s’avèrera redoutable, et son esprit me plait.
Riant déjà de son idée, Koutchic ramassa le crâne de Kanibhaal, le dissociant du reste de son squelette. Il avait le large sourire de celui qui va faire une bonne blague, fier également du présent qu’il allait offrir à sa meilleure amie.
- Bien, il serait alors dommage de nous séparer de lui qu’en dis-tu ? En disant cela, il tenait le crâne du sram dans sa main, sram qui fronçait les orbites en se demandant ce qui allait lui arriver. Koutchic le regardait au fond des orbites, de plus en plus excité, ayant du mal à retenir le fou rire qui montait en lui. Céri connaissait bien cette attitude et attendait la suite patiemment, ne pouvant retenir elle-même un large sourire d’enfant qui va bien particulièrement rire. Fouillant dans son sac, l’eca en sorti une chaine , il la passa dans une orbite du sram éberlué, la faisant ressortir par l’autre.
- Etre ou ne pas être avec nous ….. telle est la question, dit il en finissant par éclater de rire, la boite crânienne se balançant au bout de sa chaine. Là hélas mon ami, la réponse est claire car tu n’as pas le choix : j’adore Céri et j’aime la contenter. Tu feras donc route avec nous à une place que bien des gens vont t’envier.
S’approchant de la iopette, il lui attacha la chaine autour du cou, glissant le crane de Kanibhaal dans l’encolure de sa toge.
- [color:ece6=darkred:ece6]Le premier sram pendentif d’Amakna, quel honneur mon ami et quel lieu de choix pour balader !
S’esclaffant, il ramassa le reste du squelette du sram et s’arrangeât pour le fourrer dans son sac. Ravie du présent, Céri embrassa Koutchic sur sa joue douce et poilue et ils repartirent faire face aux craqueleurs, un nouvel atout de choix à leur disposition.
Mais elle n’était pas cruelle, et l’amitié et l’attachement qu’elle forgeât en quelques jours avec Kanibhaal lui fit lui rendre sa liberté au bout de quelques jours. Lui remettant le crâne sur les épaules, elle le laissa partir sur un sourire et une promesse d’être toujours là s’il avait besoin d’elle.

Beaucoup de temps était passé sans qu’ils se revoient, et elle regardait à présent de ses yeux froids l’ami qui se tenait en face d’elle, laissant flotter un sourire nostalgique en se remémorant leur rencontre. Que cette insouciance semblait lointaine, presque un rêve…. L’observant de derrière les ouvertures de son masque traumatisant, elle vit que lui aussi avait bien changé : il semblait plus dur, plus froid, et elle doutait fort qu’il jouerait ce rôle de bijou sramesque avec humour à présent. « Que tu as du souffrir toi aussi mon ami *se dit-elle les sourcils froncés* Quelle est donc ton histoire ? Qu’est ce qui t’as ôté cette joie et cette légèreté de quand nous nous sommes connus ? Je sens bien que notre histoire commune te fais faire des efforts pour me parler de manière aimable et « amicale » mais je sens la rancœur et la haine au fond de toi … Tu sembles être devenu froid et inaccessible, où sont donc passées ton insouciance et ta spontanéité ? » Soupirant intérieurement, intriguée par un changement aussi radical qui ressemblait pourtant à s’y méprendre aux modifications qui s’étaient opérées en elle, elle l’écouta parler de sa guilde, des buts qu’ils poursuivaient. Elle en avait assez d’être trop solitaire, et avait commencé à rechercher une guilde Brâkmarienne dans laquelle elle se sentirait chez elle, des gens surs sur qui elle pourrait compter et qu’elle pourrait aider sans méfiance ou peur d’être trahie. Il lui avait parlé de la sienne très vaguement, et ce soir, il se décidait à en dire plus. Elle ne pourrait espérer intégrer l’Assemblée de l’Ombre, car la guilde de Kanibhaal était Brâkmarienne, et Céridwen portait toujours ses ailes d’ange. Elle décida alors de lui en dire un peu plus sur ces ailes, sans entrer dans les détails de sa vie passée, mais lui faisant bien comprendre qu’elle avait l’intention de s’en servir pour infiltrer Bonta. Seule elle ne pourrait pas et avait besoin de l’appui de gens de confiance. L’idée plut à Kanibhaal, encore que la iopette ne douta pas une seconde qu’il y ait pensé avant même de l’entendre la formuler. Il lui proposa donc une infiltration à la hauteur de ses ambitions et de ses prétentions.
La mission fut un succès et Céridwen fit ses preuves à Kanibhaal et à l’Assemblée, elle était bien brâkmarienne malgré ses ailes et luttait effectivement pour le bien et la défense de la cité sombre. Elle fut intégrée sans délais au sein de l’Asemblée et pu enfin arborer fièrement les ailes rouge sang auxquelles elle révait depuis si longtemps, abandonnant l’infiltration classique pour oeuvrer de manière différente. On venait de lui offrir la possibilité d’être enfin une ombre parmi les ombres ….

Elle se rapprocha de Kanibhaal dès le soir de leurs retrouvailles. Leur relation était étrange : mélange de méfiance, de défi permanent, de confrontations pendant lesquelles ils avaient sorti leurs armes l’un contre l’autre en s’observant nerveusement… Puis il avait fallu ramener Spads d’entre les morts, l’enquête pris du temps et de l’énergie, ils y travaillèrent ensemble souvent et les choses commencèrent à changer. Elle le regardait différemment, en premier lieu parcequ’il appartenait à sa vie d’insouciance qu’elle regrettait sans l’avouer, ensuite parce qu’elle l’admirait et se reconnaissait en lui pour beaucoup de choses, aussi bien leurs attitudes que la similitude de certaines choses qui leur était arrivées. Trahison, déceptions, haine, résolutions fortes… Ils avaient commencé à se confier un peu leur passé et Céridwen avait parlé plus qu’avec personne d’autre, confiant pour la première fois le cauchemar de sa vie à Bonta. Curieusement, elle lui faisait confiance, pour la première fois depuis toutes ces années.
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MessageSujet: Re: L'Ombre de Glace   Sam 3 Fév - 22:04

"Alors je te la demande maintenant!"
Le calme était retombé aussitot. Les vagues de la Mer d'Asse se languissaient de nouveau contre les pilotis de la cité endormie de Sufokia. Dans la petite masure, d'où avait retenti le cri, l'atmosphère avait changé, mêlant l'improbable au fait accompli, l'emportement au suave, l'excitation à la tendresse... et ses murs en devenaient l'écrin tandis que la nuit finissait, bientôt gardiens d'une parole encore secrête.

Il s'était jeté sans masque, sans déguisement... Le voile de brumes autour de lui s'était déchiré, et sans ce filtre ses sentiments, ses pensées, retentissaient nues et sincères. Une femme... une seule, venait de plier son voeu de ne donner à aucune sa confiance. Mais ce n'était pas cela qui le faisait frémir de nervosité.

- "Acceptes-tu?"


_________________________________

"Alors je te la demande maintenant! Acceptes tu?"
La tension qui régnait une fraction de seconde plus tôt vient de l'abandonner d'un seul coup pour ne laiser la place qu'à .... qu'à quoi?
Stupeur ? Fascination ? Un bonheur tellement intense qu'il en devient douloureux ? Certainement un mélange de tout ça et tant d'autres choses encore. Après tant de souffrances, tant de doutes et de trahisons de toutes part, tant de méfiance et de craintes... Enfin, la carapace de glace qui la recouvrait, elle, innaccessible et froide, sarcastique et moqueuse, enfin quelqu'un avait su briser l'armure qu'elle s'était forgé dans la douleur et la nécessité de survie.
Lui enfin, le plus improbable, le plus ténébreux et ô combien innaccessible également, le seul qui finalement ai su la comprendre et faire trembler l'édifice glacé au point de le faire se fissurer pour finir par le faire tomber en pièces .....
Mais finalement, la brume est légère et sait s'insinuer sans bruit dans chaque recoin. La glace vola en éclat :
- "oui"

Et seule la chaleur d'un amour inconditionnel émanait à présent de cette voix.


__________________________________

Deux fois, depuis ce moment, la course de l'astre du jour s'était terminée, avant que ne s'avance devant l'Assemblée de l'Ombre, sans dissimulation, KaniBhaal. Le regard du Tisseur de Brumes flamboyait, palpitait d'une lueur purpurine, qu'il posa tour à tour sur chacun, sans un mot. La tête droite, la respiration insufflée d'une once de fierté mais qui expirait un souffle chaleureux, il affichait un sourire indescriptible pour tous, car aucun ne lui en avait vu de tel, à une unique exception près. Et soudainement, trivialement, il haussa les épaules devant les yeux interrogatifs de toutes et tous.

__________________________________

Elle l'avait laissé entrer seul pour se présenter aux siens, par respect de lui et de son rang, par besoin de quelques secondes de plus pour se ressaisir également.
La fébrilité l'assaillait, faisant trembler ses mains si sures pourtant quand elles maniaient sa fausse griffe. Le regard et l'approbation de l'Assemblée lui tenaient à coeur, car elle y avait enfin trouvé sa place, une famille qui l'acceuillait faisant fi de ses ailes blanches, une famille qui avait su, contrairement aux autres, voir plus que la simple apparence et la juger par ses actions.
Elle vit Kani de dos, entrer fièrement et d'une manière assurée dans le Cénacle, et celà suffit.
Céridwen releva la tête, pris une profonde inspiration qui balaya en un éclair son manque d'assurance et son inquiétude de se présenter devant l'Assemblée. Le port de tête haut et altier, la démarche sure et le pas ferme, elle entra dans le Cénacle à la suite de Kanibhaal, un sourire heureux et fier aux lèvres. Elle s'arrèta à sa droite et inclina légèrement la tête devant chacun en guise de salut.


__________________________________

Il attendit que Ceridwen soit à ses côtés, avant d'échanger avec elle un long regard complice. Comme à regret il finit par se détourner, perdant alors son sourire, reprenant une attitude sévère et raide. Sa voix, aussi assurée et nette que jamais, dénué de tout faux semblant, résonna dans la salle, faisant fi de tout ambage.

- "Ceridwen et moi-même nous marierons lorsque samedi sera à son crepuscule, et dimanche à son aube. Et pour que Dante puisse comprendre, je précise qu'évidemment minuit sera l'heure où nous scellerons nos voeux"


___________________________________

*Hoche la tête en signe d'assentiment*
"Il est bien évident que vous êtes tous conviés, nous tenons à ce que vous soyez à nos côté pour partager cet instant avec nous." Elle marqua une pause, les regardant tour à tour et posant en dernier un regard tendre et doux sur Kanibhaal, puis repris la parole :
"Une précision cependant. Nous tenons à nous unir seuls, sans autre témoin que notre attachement et le prêtre qui officiera. Nous aimerions que vous nous attendiez à l'extérieur de l'église pendant que nous prononcerons nos voeux d'engagement éternel. Nous tenons à passer ce moment seuls tous les deux et nous esperons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur.
Un mariage dans "l'ombre" pour deux Ombreux..."
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MessageSujet: Re: L'Ombre de Glace   Sam 3 Fév - 22:07

Les salles de l’Assemblée étaient désertes. Les flammes des flambeaux éteintes, comme en signe de tristesse ou de deuil. Une Ombre se mouvait sans un bruit, allant de salle en salle et glaçant la demeure au fur et à mesure de sa progression. Elle avait passé tant de temps dans ces pièces, elle en connaissait chaque recoin, chaque passage dissimulé, chaque pierre descellée. Les murs et les sols se couvraient de givre sur son passage, blanchissant étrangement les lieux comme un linceul improbable. Chaque objet, chaque livre, chaque meuble se drapait de ce voile de mort, aussi blanc et immaculé que son cœur était vide à présent. Son regard se posait tour à tour sur ce qui l’entourait, les givrant à chaque frôlement de ses yeux de glace. D’étranges petites perles de glace se mêlaient au verglas dense qui recouvrait le sol, là où ses pieds l’avaient foulé. L’Ombre s’insinua dans le Cénacle, feuilletant quelques documents secrets, connus seulement de l’Ombre Intérieure. Elle retomba sur les débats qui avaient eu lieu avant son intégration, sur ses rapports concernant les Archangels et ses doigts rencontrèrent une liasse de parchemins dont l’écriture lui était familière…. Noté à l’encre bleu indigo, son premier rapport aux Ombreux, une partie de ce qui avait fait qu’elle avait intégré l’ombre, s’étalait devant ses yeux. Elle referma consciencieusement le dossier qu’elle avait rédigé il y avait de cela un temps infini et le reclassa, faisant attention de ne pas casser les feuilles de parchemin à présent gelées.
Tant d’affaires, tant de politique, de plans échafaudés, de fourberies, de manipulations apparaissaient dans les divers rapports présents ici. Une partie auxquels elle avait pris part, une autre portant les noms de fantômes partis ou disparus.
Elle jeta un dernier regard dans la vaste salle du Cénacle et elle quitta la salle, après avoir entendu une fiole se briser sous la pression de la glace qu’était devenu le liquide qu’elle contenait.

L’ombre de glace, toujours silencieuse, hésita à un embranchement de couloirs. A sa droite, au fond, sur une colonne basse, reposait un lourd grimoire. Elle hésita encore un instant, durant lequel le givre eu le temps d’atteindre le pied de la colonne. Des filets de brume dense s’avançaient sur la surface gelée, glissant sans bruit en volutes et arabesques mises en forme par un esprit épuisé, las et déchiré. La brume laissait ressentir la tristesse infinie de l’apprentie tisseuse, mais elle évoluait vers le grimoire, légère et virevoltante comme le serait un mini ‘nuit ou un yokai des glaces. Dans le sillage de sa brume, elle avança vers le livre poussiéreux, sachant parfaitement ce qu’elle venait consulter. Elle n’eut que quelques pages à tourner pour trouver ce qu’elle cherchait : une écriture nette, franche et décidée avait noté ces mots « Et la Glace s’unira aux brumes… ». Elle parcouru les quelques pages, un sourire vague aux lèvres, son indicible tristesse se mêlant à la bouffée de chaleur interne qui l’animait. Sur un soupir, elle referma le grimoire, en emportant les souvenirs les plus intenses et les plus forts sous le cercueil de glace qui enserrait son cœur. Elle tourna les talons, quittant le grimoire ; autour de la colonne basse les étranges perles de glace reposaient, nombreuses et commençant à se coller entre elles, formant une sculpture qui n’était autre qu’une représentation de la douleur pure.

Allongeant le pas, elle se rendit jusqu’à l’Obscure Chambre, ce lieu qu’elle aimait par-dessus tout, une partie du cœur de l’Assemblée était contenue en ces lieux. En arrivant sur le seuil, elle marqua une pause, embrassant la salle du regard. Elle perçut, par cet étrange don qui lie les gens qui partagent quelque chose de fort, une présence bien connue, elle le chercha des yeux, tapie dans l’ombre, alors que le tapis de glace se répandait dans la pièce, tristement mais aussi surement que la marée montante poursuit son chemin vers la grève. Il n’était plus là, mais avait quitté la pièce quelques instants plus tôt. Elle sentait son aura, percevait de ses yeux acéré, quelques filaments de brume pourpre qui s’accrochaient aux étagères. Sa tristesse, sa déception, sa douleur étaient palpables pour elle qui le connaissait mieux que personne, et son chagrin inconsolable ne fit que s’accentuer. Quand elle leva les yeux vers le plafond de la vaste salle, son cœur manqua s’arrêter : le plafond était entièrement recouvert d’une brume inimitable, pourpre, dense, la brume de Kani, Sa Brume. Secouant lentement la tête, elle avança vers les rayonnages, comme il avait du le faire un moment auparavant. Elle venait chercher quelque chose, et elle espérait qu’il l’avait laissé en place.
Sur une étagère en ébène, se trouvaient consignées toutes les demandes des candidats, tous les espoirs déçus, tous les rêves réalisés, les présentations les plus loufoques comme les plus sérieuses, les quelques erreurs que les Ombreux avaient commis également pensa t’elle, retombant sur la candidature de Holegirl et celle de Zatsubah. Elle n’y chercha pas la sienne, sachant pertinemment qu’elle ne la trouverait pas, puisqu’elle n’en avait jamais fait. Mais s’attarda sur celles qu’elle avait vues, accueillies et vécues et qui lui étaient le plus chères : sa pétillante Bonbon, amie de toujours et témoin d’une partie de son passé ; Tazlefou, son cher Tazou, ami venu de sa vie passée également, lui qui avait surmonté tant de choses malgré sa lâcheté apparente, lui qui avait toujours été là pour elle, sans jamais faillir ; Val, connue si jeune, si serviable et rieuse, l’instable crâ qui l’avait suivie jusque chez les Ombres ; et Brume, sa tendre fille, fruit de la glace et de la brume, fruit de l’amour … Elle sourit en également en voyant celle de Luluseth, le trop coquet crâ dont l’humour la faisait encore sourire aujourd’hui.
Elle se souvint de chacune de ses interventions comme si elles dataient de la veille, chaque mot dit aux aspirants, chaque souffle glacial, chaque menace et chaque encouragement qu’elle avait pu proférer. Les perles de glaces s’accumulaient à ses pieds, au rythme de ses larmes, la brume de plus en plus dense s’insinuait dans les pages des carnets. Le froid qui régnait dans la pièce n’était plus supportable pour quiconque en dehors d’elle et des vagues de vent glacial faisaient tourner les pages, découvrant tous les « fantômes » passés qui avaient arpenté ces lieux, certains connus personnellement, d’autres de réputation, certains encore présents, d’autres ayant passé la porte. Elle remonta plus avant dans les archives, avant son arrivée et relu les quelques candidatures qui lui importaient le plus: sa tendre et chère Reces qui lui manquait tant, qui lui avait apporté sa tendresse, son amour sans compromis, son amitié… ; le sournois et rieur Spads sur qui elle avait souvent pris exemple, avec qui les joutes verbales rivalisaient avec les insinuations et les rires, et puis …. Sacré … Sacré avec qui elle avait eu tant de tensions, contre qui elle avait lutté pied à pied un nombre incalculable de fois, Sacré qui n’imaginerait jamais la place qu’il tenait dans son cœur, le respect et la confiance qu’elle plaçait en lui, l’espoir aussi. Il ne le saurait jamais car elle ne le lui dirait pas, leurs relations étaient ainsi faites, et elle ne dérogerait pas à la règle qu’elle s’était fixée à son égard. Il l’avait pourtant beaucoup déçue, et il avait trop changé, trop obnubilé par sa puissance et ses performances, oubliant par moments la convivialité et l’entraide … Cependant, à présent qu’elle était seule, elle sourit en relisant le rapport de sa demande, laissa courir tendrement ses doigts sur les pages, comme une mère effleurant la joue de son enfant.

Puis, elle fouilla sur les étagères les plus anciennes, celles que personne ne consultait jamais, cherchant quelque chose de spécial avec avidité et acharnement. Dissimulé derrière un lourd chandelier, au fond d’un espace ménagé dans le mur et qui semblait avoir été très récemment découvert, elle trouva ce qu’elle cherchait : un livret sur la couverture duquel on pouvait encore distinguer une tête de loup à moitié effacée. Elle n’espérait pas vraiment tomber dessus, il y avait si peu de chance que ce carnet soit encore existant ; un soupir de soulagement s’échappa de sa gorge, elle pu enfin lire l’ultime candidature, celle qu’elle était venue chercher et qui était celle de Kanibhaal. Le prenant en main comme on saisit une relique précieuse, elle souleva délicatement la couverture et laissa monter un rideau de brumes bleuté autour d’elle, et nul ne su jamais ce qui c’était passé durant cette lecture. Le rideau fini par se déchirer et disparaitre, ne laissant voir que des étagères blanchies d’une épaisse couche de glace, les pages comme figées à jamais, les perles gelées formant une demi-lune au sol, certaines encore coincées entre les pages des divers grimoires. Pour qui était au courant et y regardait de près, on pouvait voir que le cahier à tête de loup avait disparu.
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MessageSujet: Re: L'Ombre de Glace   Sam 3 Fév - 22:08

Nul bruit ne se faisait entendre dans la demeure, le froid y régnait en maître et des nappes de brume s’accrochaient de ci, de là à divers objets, des courants d’air finissaient de geler les quelques endroits encore épargnés. Mais le froid se faisait encore plus intense dans l’antichambre du Cénacle. En y glissant un œil, on pouvait y voir enfin celle par qui tous ces changements climatiques arrivaient.
Elle fixait l’angle d’un mur, elle était figée, pour nulle autre qu’elle ça n’aurait de sens mais … Ce qu’elle voyait dans le coin, ou du moins ne voyait plus, la plongeait dans un désespoir et une fatalité qui la déchirait : la nappe de brumes pourpre avait disparu. Serrant les dents, elle s’agenouilla au centre de la salle, dans une posture inhabituelle pour elle, elle rédigeait une lettre à l’aide de sa plume de Maître Corbac, la trempant régulièrement dans sa fiole d’encre indigo. Elle aurait voulu les affronter face à face, elle leur devait ça, mais personne n’était là à cette heure et le froid la préservait de toute visite si on était sain d’esprit. Elle resta un moment à écrire, son désespoir cédait petit à petit le pas à des froncements de sourcils contrariés, à une colère sourde et triste, un peu déçue et infiniment lasse.
Sa main suspendit son travail d’écriture, elle ne pourrait jamais, avec de simples mots écrits, exprimer tout ce qui se bousculait en elle, elle espérait néanmoins que l’état dans lequel se trouvaient les pièces de la demeure, reflétant son état d’esprit à entreprendre une telle démarche, serait plus parlant que n’importe quel mot. Après avoir froissé et fourré dans son sac nombre de feuilles de parchemin dont le contenu ne lui convenait pas, elle termina rapidement cette torture qu’elle s’imposait. Se relevant lentement, elle rangea son nécessaire d’écriture et regarda une dernière fois les quelques lignes dérisoires qu’elle avait rédigé. Elle ne serait jamais satisfaite d’aucun mot qu’elle pourrait écrire en la circonstance, chacun sonnait faux et vide, mais sa décision était prise. Elle regarda son alliance, elle sourit, d’un sourire triste mais déterminé, referma son poing et déposa son parchemin sur la stèle centrale, coincée sous une carapace de tortue rouge. Si cette lettre finissait au feu, la carapace servirait au moins à Maqui.

Maljour à vous tous, Ombreux, frères.

J’hésite depuis longtemps à prendre cette douloureuse décision, mais aujourd’hui, je me décide. Pourquoi aujourd’hui ? Parce que je suis lasse, lasse d’avoir l’impression de m’user pour une politique qui semble parfois illusoire, lasse de délaisser mon couple à cause de cette même politique que je semble parfois être là seule à suivre de près, lasse et épuisée de ne pas toujours trouver en vous l’écho que j’attends. Mon exigence est énorme, j’en suis consciente, j’ai voulu suivre la ligne qu’avait tracé Kani, qu’il suivait et suit encore aujourd’hui, mais les récents évènements, les mises en avant et implications de ces derniers jours, j’entends par là le raid sans raison contre les Sérianes et celui encore plus inutile contre Bonta, ne me conviennent pas, et ne sont absolument pas dans le respect des règles prônées jusque là au sein de l’Assemblée.
Je suis également consciente que vous avez certainement envie de détente, d’actions sans raisons, de coups de tête et autres. Ca n’est pas ma mentalité ni ce que je souhaitais pour l’Assemblée qui a toujours été neutre face aux Sérianes et qui a toujours refusé les raids aveugles et sans objets. Je ne me sens plus la force de vous glacer sur pieds afin de vous faire comprendre à quel point une guilde comme la notre ne peut se permettre ce genre d’écart. L’Assemblée a changé, et moi non. Je ne m’adapte pas à ce qu’elle devient, toujours une famille certes, toujours un lieu de rires et de plaisirs, d’entraide …hum … l’épisode de Ioppala attendant des secours qui ne sont jamais venus ne m’a pas plu, je l’avoue. Et le manque de respect, la remarque vis-à-vis de Radamanthe n’arrive pas à glisser sans heurts sur moi. Mon cœur s’est déchiré en voyant qu’une fois encore, je n’étais plus dans l’état d’esprit qui semble animer la guilde. Cependant, l’aspect qui faisait l’essence même des Ombres, son côté sournois, présent à chaque instant et en chaque lieu semble se déliter. Je m’épuise à être sur tous les fronts, à tenter de vous aiguiller quand je le peux, au détriment de moi-même, de mon époux, de ma fille, de mes propres besoins également. Certains vont rire de ce qu’ils estimeront être de l’égocentrisme de ma part, se disant que je m’imagine que la guilde vit par moi alors que c’est faux… Peut être, et je prie qu’il en soit ainsi, je prie que l’Assemblée puisse me survivre, quelle que soit la forme que prendra cette survie.
J’ai souvent eu l’impression de vous pousser alors que vous n’en aviez pas vraiment envie, de m’énerver sans résultats, je pense que le problème vient de moi : je suis trop perfectionniste, trop entière et ne laisse pas la place aux demi mesures, une sorte de fanatique penseront certains …. Peut être aussi.
Il en résulte une seule et unique chose, je ne suis plus à ma place dans ce que devient l’Assemblée : soit vous finirez par en partir car trop pressurisés par mes attentes, mes réprimandes, mes « périodes glaciaires », soit je choisi le départ, vous laissant plus libres de vous amuser, de faire selon votre goût, vos envie….
Je ne m’étendrai pas sur l’effet et les sentiments que provoquent cette démarche en moi, je pense que la froid extrême des couloirs est assez révélateur. Pour ceux qui penseraient que je trahi ainsi l’Assemblée par goût ou envie, ma foi, libre à eux de le penser, mais je laisse dans cette salle une partie de mon âme et de mon cœur, les parties restante, celles avec lesquelles je m’en vais, ne m’appartenant plus depuis bien longtemps, puisque je les ai offertes à Kani.

Malroute à vous, à vous tous que j’aime comme mes propres frères et enfants, à cette Assemblée qui fut et restera pour toujours ma seule famille. Mais parfois, les membres d’une famille doivent faire leur route seul s’ils veulent se préserver les uns des autres et par là même s’épanouir. Je suis lasse, je n’arrive pas à ce que je désirais pour Nous et je vous étouffe par là même.

Je suis et resterai à jamais, l’Ombre de Glace….


*Décrochant d’une main qu’elle voulait sure, mais que la tristesse infinie faisait un peu trembler, le blason qu’elle chérissait tant, elle le posa sur sa lettre : une épaisse couche de glace le recouvrait. Elle fit le tour de la pièce du regard, quelques perles de glaces accrochées à ses cils, la dernière tomba sur sa lettre, comme pour signer ses mots. Elle laissa la demeure reposer sous son linceul de glace, les lourdes portes s’ouvrirent sous le coup du dernier courant d’air glacial qui traverserait jamais le vaste hall et elle passa les portes, la tête haute, le visage tendu vers la tiédeur des rues de Brakmar.

A l'extérieur, une nappe de brumes pourpre et noires, incongrue, semblait flotter tristement. Ses propres filets bleus vinrent l’entourer, s’y mêler amoureusement, lascivement. Sans hésiter, elle s'y engouffra et quand elle se délita, il ne restait nulle trace d'elle et de la silhouette encapuchonnée qui se tapissait derrière, à l’attendre. Elle ne pleurerait jamais plus, ses larmes de glace s’étaient taries dans les diverses salles de l’Assemblée de l’Ombre …
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