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 Pensées matinales

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Sam le terrible

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MessageSujet: Pensées matinales   Jeu 30 Juin - 21:52

"189... 190... 191"
Il ne pouvait pas aller plus loin, ses bras n'avaient plus la force de le porter, ses pectoraux étaient en feu. Il allait lâcher, s'écraser le museau sur la pierre grise du sol de sa chambre, il le sentait. Il tenta de faire le vide dans son esprit, de se concentrer sur autre chose que la douleur, la sueur coulait de son front en grosses gouttes qui allaient se fracasser contre le sol. Il réussit à l'invoquer, cette image mentale qui l'avait poussé vers l'avant depuis quelques temps maintenant. Deux grands yeux, d'une pâleur à vous donner des frissons, presque translucides. Ces yeux qui lui donnaient l'impression de tomber dans un abîme sans fond chaque fois que son regard les croisait. La douleur disparaissait de son esprit à mesure que ce regard prenait de plus en plus de place, métaphore de son quotidien récent. Il commençait à sentir ses bras de nouveau, à sentir qu'ils pouvaient peut-être de nouveau lui répondre.
"192, 193, 194"
La douleur avait laissé la place à une farouche détermination, son visage flirtait de plus en plus dangereusement avec le sol à chaque répétition.
"195, 196, 197"
Ces yeux qui semblaient l'appeler, qui lui avaient collé une gifle monumentale dès la première seconde.
"198, 199"
-"Et 200."
Il se laissa rouler sur le sol, se retrouvant sur le dos, bras en croix, tentant de retrouver son souffle. Son regard fixait le plafond mais ne voyait que des yeux. Les mêmes que tout à l'heure mais d'autres aussi, noirs, pétillants de malice. Son voyage était un nouvel échec, l'informateur s'était trompé. Il se releva pour se diriger vers un coin de la chambre où se trouvait un seau rempli d'eau. Il y plongea son visage pour se rafraîchir puis se redressa pour se regarder dans le grand miroir sur pied en face de lui. Ses traits étaient tirés par la fatigue et sûrement par la tristesse. Il inspecta méticuleusement le pelage de son visage, quelques poils gris épars avaient élu domicile sur ses tempes et sous son menton. Il repoussa son pendentif, une simple chaîne des plus modeste au bout de laquelle pendait un trèfle en argent cabossé par le temps, sur lequel l'inscription "Sam" semblait s'effacer, puis inspecta les trois grandes cicatrices qui couraient en ligne droite du haut de son épaule gauche jusqu'au bas de son flanc droit. La cicatrisation était achevée depuis des années mais il n'avait jamais pu s'y faire, il s'attendait à tout moment à ce que la plaie se rouvre, béante comme à l'époque, à ce que la douleur revienne, rongeant ses chairs et jusqu'à son âme. Il se décida à passer sa patte sur son ventre malgré une appréhension certaine et constata avec soulagement qu'il sentait de plus en plus ses abdominaux, sa bedaine avait quasiment fini de fondre. Il avait certes été plus affûté dans ses belles années, quand son apparence était un de ses biens les plus précieux, mais les progrès était fulgurants. Il avait très récemment retrouvé le goût de la vie et, par la même occasion, l'envie de prendre soin de lui. Mais hier soir... Il avait de nouveau eu envie de tout laisser tomber, de se rouler en boule dans un coin et d'attendre la fin.

Il y avait pourtant cru l'espace de quelques secondes en la voyant dans la foule, là ou son indicateur l'avait prédit, cette imposante chevelure bordeaux, cette peau sombre au reflets cuivrés. Il avait presque senti son propre cœur bondir hors de sa poitrine. Et puis en se rapprochant il y avait eu cette odeur, qui ne lui rappelait rien du tout. C'est en la sentant qu'il avait compris, que la naïveté de son enthousiasme lui avait explosé au visage, déclenchant en lui une tempête de rage. Il avait pourtant été clair en la décrivant, celle qu'il suivait et qu'il avait traquée jusqu'aux confins du monde pendant des années avait une odeur bien particulière, un bouquet de fruits rouges où dominaient les baies sauvages, une prépondérance de mûre, suivie d'une note de rose sombre aux accents tanniques. Il n'en pouvait plus de se tromper, de suivre de fausses pistes. L'informateur du soir en avait fait les frais, lui qui gisait par terre avec la mâchoire brisée la dernière fois qu'il l'avait vu, son sang coulant à grands flots par sa bouche irrémédiablement tordue, tentant de l'insulter mais ne réussissant pas à articuler.

Il leva sa patte gauche devant son visage, les jointures étaient encore gonflées, preuve de la violence du coup. Il se tenait désormais sur le balcon de sa chambre, un verre de rhum à la main. Les premiers rayons du soleil s'étaient levés, éclairant la face est de la tour de Brakmar qu'il apercevait à l'horizon par-delà la vaste étendue d'eau. Cette simple vue lui donna la chair de poule. Quelques jours plus tôt, il pensait encore que plus jamais il n'aurait la force de rentrer dans cette cité. Et pourtant il y avait dormi pendant plusieurs nuits d'affilée avant de partir pour ce voyage. Il avait affronté ses démons sans sourciller pour se faire connaître des Brumes, preuve que certains regards avaient bien du pouvoir sur lui.

Comment avait-il pu se tromper une fois de plus? Il porta son poignet droit à hauteur de son visage, fourrant son museau dans le bracelet dont il ne se séparait jamais. Bracelet qui n'était qu'une tresse de cheveux rouge sang. Il inspira aussi fort qu'il le pouvait, yeux fermés afin de reporter toute son attention sur son odorat. Le parfum était encore là, mais depuis les années il était devenu presque imperceptible. Et s'il finissait par complètement s'estomper? Et s'il finissait par l'oublier? Et s'il finissait par ne jamais la retrouver? Et s'il était condamné pour toujours à se demander où elle était? Avec qui? Ce qu'elle était devenue depuis qu'elle l'avait laissé seul avec un vide impossible à combler en lui?

Depuis le début de sa quête il avait lutté pour ne pas sombrer dans le désespoir mais il se sentait au bord du précipice en ce dernier matin de Juinssidor.


-"Tout est prêt pour le retour, Monsieur, vous devriez pouvoir arriver sur le continent dans la soirée."

Il n'avait pas entendu le guide entrer dans sa chambre, et il accueillit ses paroles d'un simple hochement de tête sans prendre la peine de se retourner. Ses griffes étaient plantées dans la rambarde en frêne et les larmes commençaient à couler le long de ses joues, sinuant dans sa fourrure jusqu'à son menton. Il ne la reverrait sûrement jamais, il avait l’impression de l'avoir cherchée partout depuis toujours en vain. Le guide semblait toujours se tenir dans l'ouverture de la porte, derrière lui, en attente d'une réponse de sa part.

-"Préparez ma dragodinde s'il vous plaît, on va partir dès que possible."

Il finit son verre d'une rasade, sans quitter des yeux les remparts noirs et rouges de Brakmar. Après tout, c'était là-bas qu'il l'avait vue pour la dernière fois. Peut-être qu'il pouvait reprendre ses recherches depuis le début, s'il en trouvait la force.


Dernière édition par Sam le terrible le Ven 1 Juil - 13:34, édité 6 fois
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Sam le terrible

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MessageSujet: Re: Pensées matinales   Jeu 30 Juin - 22:15

(Je profite d'un déplacement IRL qui me tient éloigné de Dofus pour faire avancer les aventures de mon eca. Y a pas vraiment d'interaction possible vu qu'il esr censé être assezloin, mais je le mets ici parce-qu'il y a des détails physiques qui peuvent avoir leur utilité.

Oui, je squatte, et alors ? : p)
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alric-rahl
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MessageSujet: Re: Pensées matinales   Jeu 30 Juin - 23:26

Autant en faire la connaissance, oui ^^ qui est donc cette demoiselle incendiaire qui a bouleversé le coeur de Sam, nous le saurons dans les prochains épisodes Wink
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Sam le terrible

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MessageSujet: Re: Pensées matinales   Ven 1 Juil - 1:54

Le voyage fût plus difficile que prévu et la nuit était déjà tombée lorsqu'il arriva à Brakmar. Il était tellement abattu, las et épuisé qu'il ne pensa même pas à se faire discret en montant se coucher. Il prît par contre soin de laisser ses chaussures de marche dehors et de marcher sur la pointe des coussinets afin de ne pas salir le sol. Il se dirigea vers la porte, la même que d'habitude et l'ouvrit le plus silencieusement possible, tournant la clé avec une extrème précaution. Elle était là, à sa place habituelle. Il fît son possible pour ne pas la réveiller en se couchant. En passant ses bras autour d'elle pour dormir, il sentit une nouveauté autour de son cou qui lui réchauffa le cœur et lui dessina un grand sourire. Et c'est alors qu'il avait le museau enfoui dans une tignasse bleue et l'esprit plein de cheveux rouges que le sommeil le cueillit cette nuit-là.
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