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 La paladine de Brehan

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FeeDesRunes

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MessageSujet: La paladine de Brehan   Mar 24 Déc - 9:51

(Ceci n'est pas un BG, ceci n'est pas l'univers de Dofus, mais ceci est la genèse de la PalaDinDe qui je l'espère sait vous enchanter par ses pieds dans le plat, ses blondasseries et son humeur) 'tention, ça va être long et c'est pas encore fini ^^

Chapitre I

Elle avait 17ans.

Conrad MacLEOD venait juste de repartir pour Althéa après quelques jours passés dans sa famille dans les Highlands.
Elle était subjuguée par son allure, dans son armure étincelante sur laquelle il portait le kilt aux couleurs de son clan.
Elle l’avait observé jour après jour lorsqu’il s’entraînait et l’avait écouté chaque soir à la taverne raconter les anecdotes sur la guerre implacable que se menaient les haruspiciens et les brehanites, le Mal contre le Bien.

Elle frappa à la porte du bureau de son père, le McGREGOR qui lui répondit d’une voix de stentor.
Relevant la tête et rehaussant les épaules du mieux qu’elle put, elle entra dans la pièce, luttant contre la panique qui l’envahissait à chaque fois qu’elle se trouvait seule avec lui.

D’une voix qu’il voulait la plus douce possible, il lui demanda ce qu’elle désirait.
- Père, je souhaite rejoindre Conrad et lutter contre le Mal à ses côtés.


Elle s’était préparée à la colère du McGREGOR mais n’aurait pas imaginé que sa requête allait déclencher un tel cataclysme. Il ne répondit pas de suite. Son visage se ferma, ses narines se pincèrent et il s’empourpra, essayant de se contenir.

Il luttait contre la panique de perdre sa fille unique qu’il chérissait plus que tout au monde. Il aurait voulu l’avoir à ses côtés jusqu’à ce que la Mort, qui lui avait déjà signifié qu’elle l’attendait bientôt, ne vienne le chercher.
Sans un mot, il se redressa vers la jeune fille, pointant vers elle un doigt qui tremblait un peu.

Cherchant son souffle, il s’écria :
- Jeune fille ! Tu n’iras nulle part. Ta place est à mes côtés. Qu’est ce donc que cette lubie de vouloir guerroyer. T’ai-je élevée comme une souillon que tu veuilles ainsi déshonorer mon nom…

S’étranglant à moitié, l’homme hurlait maintenant :
- Ta place est à la maison et pas ailleurs ! Et cesse tes enfantillages maintenant et va donc préparer la soupe. Tu peux sortir.

Le voyant se retourner, elle comprit qu’il lui signifiait son congé. Pourtant, si le vieil homme lui tournait le dos, c’était pour qu’elle ne vit pas les larmes qu’il sentait sourdre sous ses paupières.

Quand la porte se referma, il soupira.
- Fieffée mule de McGREGOR, je sais que je ne te reverrai pas de sitôt !
Pensant au courage qu’il faudrait à la jeune fille pour lui désobéir, son cœur s’emplit de fierté.
- Tâche de faire honneur à ton clan, Fillette !


Et il laissa l’émotion le submerger, fierté et tristesse se mélangeant dans son esprit.
Se ressaisissant, il sortit un parchemin vierge et écrivit une missive à son vieil ami Conrad.


Vieux frère,
Tu verras sous peu arriver sur ton île le plus beau trésor que la Terre ai porté : ma fille, Siana. Enfin, tu la verras…si elle désire que tu la voies car je pense qu’elle se cachera longtemps pour échapper à ma colère : laisse lui planer le doute sur mes sentiments mais je ne te le dis qu’à toi, je suis terriblement fier d’elle. Si elle ose affronter la colère du McGREGOR, nul doute qu’elle saura lutter contre ceux que tu combats.
Elle est ma fierté, mon cœur et mon âme et je doute de la revoir un jour.
Mon ami, mon frère, je suis très malade, aussi, je te la confie.
Aime-la, protège-la comme la prunelle de tes yeux.
Et toi, garde-toi de tes ennemis.
Lorsque je ne serai plus, tu pourras alors lui dire que je n’ai jamais douté d’elle et que je quitterai ce monde heureux qu’elle ait osé choisir sa voie.
Fraternellement.
Le McGREGOR


Saisissant sa dague, il entailla son doigt qu’il apposa près de sa signature.
Puis, faisant chauffer la cire de sa chandelle, il contempla longuement son sceau.

Pendant ce temps, Siana en larmes rentra dans leur grande maison, trop vide depuis la mort de sa mère quelques mois auparavant. La peine et la colère martelaient son cœur et son esprit.
Elle se dirigea vers la cuisine, épluchant rageusement les légumes qu’elle jetait dans le chaudron. Elle partirait… C’était son choix et il ne pourrait pas la retenir.

Elle se leva et fit quelques pas vers la porte, puis se ravisant, elle revint vers le chaudron, touillant le bouillon de gestes violents. Elle essaya de nouveau de sortir, puis revint de nouveau. Elle était partagée entre le désir de s’émanciper et la peur d’abandonner son père.

Soudain, l’émotion la terrassa et elle s’assit à la table, plongeant sa tête entre ses bras et se mit à pleurer à gros sanglots, puis s’endormit, épuisée.

Quel était ce monde étrange, brumeux dans lequel elle avançait ? S’approchant d’une mare, elle observa l’image qui miroitait à la surface. Qui était donc cette étrange jeune fille, vêtue d’une armure étincelante comme celle de Conrad et par-dessus une cape aux couleurs du camp des McGREGOR. Elle recula, effrayée et sentit qu’elle butait contre un roc.

Se retournant, elle vit un être qui la dépassait d’une bonne tête, longiligne et androgyne. Ses longs cheveux presqu’argentés flottaient dans le vent et il tenait entre ses mains à six longs doigts graciles une étrange pierre bleutée qui luisait doucement.

L’étrangeté de la situation rendait Siana muette de saisissement. Alors, d’une douce voix chantante, l’être lui parla doucement :
- Belle enfant, je suis Kerral, ton protecteur. Je sais quelle est ta quête et que tu es prête à la vivre. Cette jeune fille que tu as vue dans la mare, c’est toi. Ici, dans le Surmonde, où juste les esprits et les morts peuvent se rejoindre, chacun apparaît ainsi qu’il se ressent. Tu es cette paladine, mon enfant et tu partiras combattre dans ce monde que tu ne connais pas. Accepte de moi cette pierre, dont tu connaîtras l’utilité le moment venu. Tu m’oublieras aussi sans doute mais je serai toujours à tes côtés. Maintenant va…

Il protégea la pierre d’une housse de cuir et noua le lien autour du cou de la jeune fille. Et d’un geste de ses 12 longs doigts, il la chassa vers son corps.


Emergeant d’un court sommeil, Siana se frotta les yeux et baissant la tête vers la naissance de ses seins, elle vit la housse en cuir qu’elle ne se souvenait pas avoir passé à son cou. Approchant ses mains pour en sortir son contenu, elle se sentit retenue par une force inconnue. Un peu surprise, presque malgré elle, elle couvrit en partie le feu pour laisser la soupe cuire à petit bouillon pour son père. Puis elle se leva, et, elle se dirigea vers sa chambre préparer son baluchon.

A l’écurie, elle sella son cheval noir, Brume, puis lui sautant en croupe, elle partit vers Althéa, le cœur trop gros pour parvenir à se retourner.

Il lui fallut plusieurs jours pour atteindre le rivage où se trouvaient les passeurs pour LightHaven. Une fois sur la rive, elle observa les autres voyageurs, tous si grands et forts, si impressionnants dans leurs armures ou leurs robes de mage.

Elle se sentit si frêle et si jeune que le désir de rebrousser chemin se fit pressant.
Elle entra dans la seule auberge qui faisait face au débarcadère et, s’installant au fond de la salle, elle commanda un haggis et un pichet de cidre, décidant de prendre le temps de réfléchir à son avenir.

La salle grouillait de monde et soudain, dans le brouhaha ambiant, elle entendit une voix qu’elle reconnut entre milles.
- Tavernier, ze voudrais zuste un verre de lait, des cookies et de l’avoine pour mon cheval Gimblette, s’il vous plait.

Zohn McFLY, son amour d’enfance, qui avait disparu depuis plusieurs années… Il était le seul à zézayer ainsi. Son cœur se mit à battre la chamade. Elle voulut se lever et sentit le talisman accroché à son cou se mettre à vibrer.
Tremblante, elle se rassit, se décalant juste un peu pour voir l’homme accoudé au bar, son verre de lait à la main.
Il portait une robe de feu sur une vieille armure patinée. Toujours fluet mais si grand, ses longs cheveux noirs attachés par un ruban de soie, il portait sur la foule son regard d’enfant perdu.
La fixant soudain, elle le vit froncer les sourcils comme en proie à une agitation intense, alors elle baissa les yeux vers son haggis, suppliant le ciel de la faire disparaître.

Zohn fixait la jeune fille attablée au fond de la Taverne et son cœur se mit à battre à coups sourds. En proie à une émotion intense qu’il n’avait plus vécue depuis la mort de ses parents, il sentit sa gorge se nouer sans comprendre ce qui le tourmentait ainsi. Tremblant, la chope de lait qu’il tenait à la main menaçant de verser, il se détourna, en essayant de reprendre son souffle. Soudain, il fut assailli d’images d’une enfant rousse, au sourire éclatant courant à travers la lande, son rire cristallin résonnant dans sa tête.

Quelle magie s’emparait donc de lui, qui n’avait plus de souvenirs autres que ceux de la grotte sombre où Jarko, le sorcier l’avait élevé ?

Secouant la tête, il posa sa chope sur le comptoir en disant :
- Ze crois que ce breuvage est bien trop fort pour moi, ze ferai mieux de rezoindre le bateau, ze suis attendu au Temple de Brehan.

Empochant les deux cookies qui restaient dans les replis de sa robe, il quitta la taverne sous le sourire du tavernier qui le salua amicalement.

Siana tremblait de tous ses membres : ainsi, il n’était pas mort…

Troublée, elle s’approcha du tavernier lui demandant une chambre pour la nuit. Elle avait eu son content d’émotions pour la journée et ne se sentait pas de traverser la mer ce soir.
Une fois dans sa chambre, allongée sur le lit de paille fraîche, elle se mit à pleurer comme une enfant, psalmodiant : Pardonne-moi, Père… jusqu’à ce que le sommeil l’emporte.

Ses rêves la ramenèrent 10ans en arrière, lorsqu’elle jouait, enfant, dans la lande avec Zohn. Il avait 12ans et leurs parents lui faisaient porter la responsabilité de surveiller Siana, qui était alors, mais avait-elle réellement changé ?, une vraie chipie. Elle aimait Zohn d’un amour profond et il l’aimait aussi. Souvent, ils restaient assis sur un rocher, observant le paysage alentour et faisant des projets d’avenir.
- Ze ferai des cookies quand ze serai grand et nous habiterons dans une belle maison, nous aurons des chevaux et des moutons et aussi 3 enfants zolis, 2 fils et une fille que nous appellerons Zeremy, Zoshua et Zuliette. Et…
- Chut ! Ne dis plus rien. Moi je m’occuperai de la maison et des animaux. Et aussi d’un potager.


Et ils se mettaient à rire, leurs rires se mêlant au vent qui soufflait, emportant leur projet vers l’avenir.

Emportée dans un vortex, elle revit cette nuit sans lune où les hurlements du McGREGOR et les gémissements de sa mère l’avaient éveillée. Elle s’était approchée sans bruit de la cuisine que son père arpentait tapant dans les murs en répétant : Impossible, je ne veux pas y croire, pas les McFLY… alors que sa mère ne semblait pouvoir s’arrêter de pleurer.

Elle entendit des pas et se cacha dans un recoin sombre, c’était 2 soldats qui s’approchaient de la cuisine en murmurant : Disparus, tous les 3… comme ça. On n’a retrouvé aucune trace de leur équipage et la maison est vide comme la bourse d’un écossais...

Siana ne put retenir un cri qui résonna longtemps dans la nuit et dans son rêve.


ZOOOOOOOOOOOOOOOOOHNNNNNNN !!!

Elle s’éveilla en sueur et entendit tambouriner à sa porte. Elle se leva et ouvrit à la serveuse qui avait l’air sincèrement inquiète.

- Madame, tout va bien ? Vous avez crié !
- Oui, je suis désolée, un cauchemar sans doute. Excusez-moi encore d’avoir éveillé tout le monde…
- Non Madame, personne sans doute n’a entendu. Mais je passais devant votre porte et le nom que j’ai entendu…
- Un nom ?? Quel nom ?
- Vous criiez Zohn, Madame… enfin il me semblait.
- Ah ?


Siana resta interdite. Elle n’avait pas souvenir de ce cauchemar, ni de ce qui aurait pu la pousser à appeler Zohn dans son rêve. Elle regardait la jeune serveuse sans la voir quand celle-ci lui posa la main sur le bras.
- Puis-je entrer, Madame ? J’aimerai vous parler.

Siana se poussa pour laisser entrer la jeune fille. Celle-ci s’assit sur le lit et se mit à lui parler de Zohn, avec une admiration et une affection qui emplirent Siana de jalousie : et s’il s’était promis à la jeune serveuse ?
Cette dernière poursuivait son babillage sans remarquer la pâleur de Siana, elle lui raconta son histoire, lui apprit qu’il vivait au Temple de Brehan à LightHaven et qu’il combattait Ogrimar et l’Haruspice aux côtés des guerriers brehanites.
Siana se mordait les joues pour ne pas demander à la jeune fille s’ils étaient fiancés quand celle-ci tout de go lui demanda, la fixant intensément :
- Le connaissez-vous, Madame ?

Siana secoua la tête, incapable de lui parler de son amour ou de lui mentir de vive voix.
Se raclant la gorge, elle lui demanda d’une voix, qu’elle espérait posée, de sortir, la remerciant de sa sollicitude et promettant de ne plus hurler à en faire tomber les murs de l’auberge.
Il lui sembla que la jeune serveuse sortait, la regardant d’un air soupçonneux mais elle ne savait plus si elle était capable de raisonner sensément depuis qu’elle avait revu Zohn.

A l’évocation de son nom, son cœur se mit à battre furieusement et son talisman se remit à vibrer. D’un pas lent, elle s’approcha du coin toilette de la pauvre chambre et se versa le contenu du broc d’eau fraîche sur le visage.
- Demain sera un autre jour mais si Zohn et Conrad sont sur Althéa, alors je ne dois pas me faire connaître sinon, ils me renverront à mon père.

Alors, Siana saisit sa dague et d’un coup sec, coupa ses longs cheveux roux. Puis regardant dans sa main la longue mèche, elle se remit à pleurer.

Puis, assise sur le rebord de la fenêtre, laissant ses pensées vagabonder, elle attendit le lever du jour.
Au matin, après avoir pris un déjeuner copieux et remercié ses hôtes, elle sauta sur le dos de Brume, décidée cette fois à se lancer à l’aventure.

Se mêlant à la foule qui s’engageait déjà sur le débarcadère, Siana avança vers son destin, sans se retourner.



Dernière édition par FeeDesRunes le Ven 27 Déc - 10:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La paladine de Brehan   Ven 27 Déc - 10:46

Chapitre 2

Enfin, le grand jour était arrivé.
Brume, debout près d’elle, près du bastingage du bateau posait la tête sur son épaule, comme pour attendre ses confessions. Siana lui flatta l’encolure et passa la main dans ses cheveux courts.
- Une fois en ville, je troquerai mes vêtements de paysanne pour un heaume et des chausses. Puis j’achèterai aussi une épée. Crois-tu, mon fidèle Brume, que je saurai reproduire les gestes de Conrad.
Comme s’il avait compris la question, le cheval hennit doucement en secouant la tête.
Siana se mit à sourire. Elle devrait sans doute se mettre en quête d’un maître d’arme et la pauvre monnaie qu’elle avait dans sa bourse y suffirait à peine. Elle devrait sans doute trouver un emploi dans le village, mais pas trop en vue pour éviter les rencontres hasardeuses.

A cette idée, l’image de Zohn lui revint en tête et elle frissonna.

Le voyage durait déjà depuis plusieurs heures quand un enfant à ses côtés tira la jupe de sa mère en criant :
- On arrive, on arrive. Crois-tu que Papa nous attendra au débarcadère ?
La femme se mit à pleurer en caressant les cheveux de l’enfant.
Comment lui dire que son père était mort, victime de la peste que les haruspiciens lui avaient envoyée ?
Son pauvre mari n’était pourtant pas de cette guerre, c’était un brave aubergiste qui ne se mêlait pas des affaires du Royaume.
Elle se demanda soudain s’il était judicieux de revenir mais en même temps, que pouvait elle faire ? Elle reprendrait l’auberge de feu son mari en attendant de pouvoir revenir vers les terres de ses parents. Elle regretta soudain de ne pas leur avoir laissé l’enfant mais en même temps, ils n’avaient jamais accepté que leur fille s’unisse à un vulgaire marchand et ils n’avaient que peu de tendresse pour cet enfant qui ressemblait tant à son père.
L’émotion la submergeant, elle vacilla et Siana la rattrapa dans ses bras avant qu’elle ne bascule par-dessus bord. L’enfant les regardait d’un air interrogateur. Siana lui murmura d’emmener Brume se délasser les pattes sur le pont, lui passant le licou dans les mains. L’enfant, fier de la responsabilité qu’on lui donnait, partit en flattant l’animal.

Siana secoua la femme évanouie dans ses bras. Ouvrant les yeux, celle-ci appela son fils. Siana la rassura et lui demanda si elle pouvait l’aider. Heureuse de trouver enfin une oreille qui semblait attentive, la brave femme commença alors son récit. Siana serra les poings à l’évocation des terribles actions de l’Haruspice.
Elle devait se hâter de combattre ces hommes cruels, s’ils pouvaient encore mériter ce nom. Alors que la femme se plaignait des difficultés qui allaient être sienne pour s’occuper de l’auberge dont elle n’était jusqu’alors que la cuisinière, Siana lui proposa de l’embaucher contre quelques piécettes et le gîte et le couvert. Geena, car c’était son nom, remercia vivement la jeune femme et remercia le ciel de l’avoir rencontrée.
Marmonnant par devers elle, Siana se demanda si cela était réellement une bénédiction.

Pendant qu’elles discutaient, le bateau avait accosté et le jeune garçon revint auprès des femmes en demandant :
- Madame, je peux le monter pour descendre du bateau et aller à l’auberge. Si Papa est là, il n’en reviendra pas !
Siana accepta avec un pauvre sourire. Au moins cette chevauchée le distrairait un peu de l’absence de son père.

Ramenant sur son visage la capuche de sa cape, elle saisit le licou du cheval pour le guider vers la terre ferme. Geena la regarda avec curiosité :
- Etes-vous du clan McGREGOR Siana ? Vous en portez les couleurs.
Heureuse que la capuche cache le rouge qui lui montait aux joues, Siana se promit d’aller bien vite acheter une cape moins voyante. Puis elle se colla à son cheval espérant ainsi passer plus inaperçu.
La foule dense, la cachait des autres et Siana, soulagée, entrevit l’enseigne de l’auberge à quelques pas d’elle.

Aidant le jeune garçon à descendre, elle amena Brume dans l’écurie et s’occupa de lui dans la stalle la plus éloignée de l’entrée. Cela fait, elle entra dans l’auberge et demanda à Geena si elle pouvait lui indiquer sa chambre et si elle l’autorisait à aller un peu en ville pour s’acheter ce dont elle manquait. Geena accepta et lui demanda si elle pouvait emmener l’enfant avec elle pour qu’elle puisse se préparer à lui avouer la vérité. Siana accepta et après être montée se défaire de sa trop voyante cape, elle redescendit et prit l’enfant par la main :
- Allons jeune homme, j’ai besoin de bras d’homme pour porter mes paquets !
Puis ils se dirigèrent vers le quartier des commerçants.

Siana acheta un heaume, un haubert et de hautes chausses, des bottes et une cape de cuir élimé ainsi qu’une cape pour l’enfant.
Puis ils se dirigèrent vers le marchand d’armes. L’enfant avait les yeux qui brillaient d’envie devant les longues épées. Siana s’approcha d’une épée courte dont le pommeau représentait une rose noire au coeur fait d’une pierre bleutée. Lorsque Siana approcha sa main, la gemme se mit à luire doucement. Siana semblait hypnotisée et lorsque le marchand s’approcha, il eut un mouvement de recul et posa un genou à terre.
- Mestra, cette épée t’appelle. Prend la dans ta main.
Craignant un effet magique pour la pousser à acheter cette arme magnifique dont elle ne doutait pas que le prix fut à la hauteur de sa beauté, Siana hésita mais l’épée se retrouva dans sa main presqu’à son insu. Son jeune ami semblait saisi et regardait la jeune fille la bouche grande ouverte. Siana demanda la bouche sèche au marchand combien coûtait cette épée et s’il accepterait de lui faire crédit, même sans la connaître mais celui-ci, baissant la tête lui répondit d’une voix sourde :
- Mestra, cette épée est tienne et te revient de droit.
- Je ne peux accepter…
- Tu le dois, Mestra. Un jour tu connaîtras son histoire, Mestra, et tu sauras qu’elle te revient de droit. Tu as honoré ma maison, Mestra !


Siana accepta à la condition que le marchand accepte qu’elle soit son débiteur et promit de mettre sa main à son service quand il en aurait besoin. Puis elle lui demanda s’il connaissait un maître d’armes qui saurait l’aider à manier cette magnifique épée.
- Si tu le veux, Mestra, je serai ton Maître.
Siana accepta chaleureusement et après avoir serré le vieil homme contre son cœur, elle secoua son jeune acolyte et sortit, un peu ébahie.

Le jeune garçon restait muet, suivant d’un air respectueux la jeune femme qui semblait soudain plus grande. A sa demande, il lui apprit qu’il s’appelait Dungal, fils d’Alaric et qu’il serait un jour son écuyer, quand elle serait chevalière du roi. Elle sourit et lui ébouriffa les cheveux.
- En attendant, tâche donc d’écouter ta mère et d’être obéissant, sinon, gare…

Ils arrivèrent en riant à l’auberge où Geena les attendait. Elle demanda à Siana de rester auprès d’elle pendant qu’elle parlait à Dungal. Siana acquiesça et se posta à ses côtés. L’enfant hurla de colère et de désespoir, cherchant à éviter les bras de sa mère. Siana le prit sur ses genoux, rassurant Geena d’un signe de la tête, elle lui caressa les cheveux jusqu’à qu’il s’endorme d’épuisement. Elle le porta alors à sa chambre où elle le borda puis elle rejoignit Geena qui pleurait seule, à la table de la cuisine.
- J’ai tout gâché, n’est ce pas ? Il ne me pardonnera jamais…
- Mais non, Geena, il est sous le choc et la fatigue du voyage. Il souffrira mais il grandira et s’il n’oublie jamais, il apprendra à vivre avec cette absence.
- Je ne veux pas qu’il souffre…
- Tu n’y peux rien. Sois présente pour deux et je serai là pour t’épauler.


Alors saisissant un couteau et laissant Geena enfin pleurer son mari disparu, elle commença à éplucher les légumes pour la soupe du soir.

Les deux femmes rouvrirent l’auberge dès le lendemain et tous les guerriers du Royaume vinrent présenter leurs condoléances à Geena.
Siana observait l’agitation bien à l’abri de la lourde de porte de la cuisine mais elle eut un mouvement de recul reconnaissant la voix de Conrad. Leur discussion semblait s’éterniser alors elle s’approcha de la porte et, l’entrouvrant, elle observa le grand paladin qui tenait tendrement les mains de son amie.

- Siana, que fais-tu ?
La jeune fille sursauta, manquant de se coincer les doigts dans la lourde porte ?
- Dungal, tu m’as fait peur ! On n’arrive pas comme ça sans bruit derrière les gens.
Le repoussant doucement vers l’office, elle l’invita à l’aider à préparer le repas pour les clients du déjeuner. Tout en travaillant, il lui racontait sa peine et ses souffrances qu’elle avait elle aussi connues quelques mois  auparavant.

A l’heure du coup de feu, les deux femmes et Dungal ne chômèrent pas mais malgré les demandes de Geena, Siana refusa totalement d’entrer dans la salle. Ce fut Dungal qui se chargea de faire le commis entre les deux femmes, ce dont il s’acquitta avec plaisir et sérieux.
Lorsque ce fut plus calme, les deux femmes étendirent leurs jambes sur les bancs devant le feu de l’office et commencèrent à discuter mais Siana ne parvenait toujours pas à se livrer à son amie, elle avait peur de son jugement de mère.

Lorsque le silence se fit entre elles, elles entendirent des sanglots et se levèrent d’un seul homme en criant de concert :
- Dungal !!!
Elles le retrouvèrent dans l’écurie, la tête enfouie dans la crinière de Brume, il lui racontait ses chagrins et priait pour que son père soit fier de lui.
Sans un bruit, les femmes sortirent de l'écurie et Siana demanda à sa patronne de s’absenter jusqu’au dîner, ce qu’elle lui accorda.

Siana remonta à sa chambre et se vêtit de son armure. Elle rengaina son épée au fourreau et se promit d’en acheter un pour sa dague qu’elle refusait d’abandonner. Cette dague était le dernier souvenir que lui avait offert Zohn avant de disparaître et elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux.
Elle décida de se promener en ville, au Temple pour entendre les rumeurs de la ville et savoir où en était la guerre sans fin qui rongeait les terres de l’île.

Dans le calme et la sérénité du Temple, agenouillée dans l’allée, Siana laissa son âme vagabonder lorsque soudain, une main agrippa son épaule. Un prêtre, en haillon l’implorait :
- Aidez-moi, guerrier ! Une terrible malédiction envahie les sous-sols de la ville et si nous n’y mettons pas un terme, ce sera une catastrophe…des rats… des milliers de rats…
- Soit mon père, j’irai affronter ces ennemis. Mais bénissez-moi que mon bras ne faillisse.

Le prêtre fut surpris de la voix fluette de celui qu’il avait pris pour un homme mais, haussant les épaules, il lança une bénédiction qui résonna longtemps entre les murs du Temple.

Armée d’une torche, Siana descendit prudemment l’escalier de pierre glissante qui menait vers les sous-sols du Temple.
Glissant à moitié, elle arriva au premier niveau alors que sa torche s’éteignait.
Tous les sens en alerte, elle sortit son épée du fourreau et aussitôt, la gemme se mit à luire, éclairant ses pas.Un crissement se fit entendre à sa gauche et aussitôt, l’image de Conrad à l’entraînement s’imposa à son esprit. Se mettant en position, elle attaqua, décapitant l’animal d’un coup sec.

Après plusieurs heures de lutte, lorsque le sous-sol fut redevenu silencieux, elle remonta, en nage et se dirigea vers l’autel où elle espérait retrouver le prêtre. Sa cuisse lui faisait mal et portant la main sur l’endroit douloureux, elle fut surprise de la voir ensanglantée lorsqu’elle la releva vers son visage.

Tournant la tête vers les fenêtres, elle vit que la nuit était tombée. Elle eut juste le temps de penser à Geena avant de s’évanouir.
- Guerrier, Guerrier, m’entends-tu ?

Quelle était cette voix qui résonnait dans sa tête ? Tournant la tête, la tête comme enserrée dans un étau douloureux, elle força pour ouvrir les paupières et vit alors le prêtre dont la robe étincelait maintenant, qui se penchait vers elle, l’air inquiet.
- Quelle heure est il ?
- Bientôt minuit mon enfant, tu as dormi des heures depuis que je t’ai trouvée évanouie sur les dalles du Temple.
- Je dois… Geena… Vite…
- Chut ! Dis moi ton nom ma fille.


L’angoisse saisit Siana qui essaya de reculer.
- Tu n’as rien à craindre dans ce Temple mais je dois le savoir car tu as beaucoup fait pour ce Temple même s’il reste encore deux niveaux à nettoyer. Mais ta blessure est encore trop récente, tu dois te reposer.
- Je dois retrouver Geena, elle compte sur moi…


Siana se redressa et la douleur sembla lui vriller la jambe jusqu’à l’os et résonner dans son squelette entier.
Serrant les dents et luttant contre la douleur, elle se leva et remercia le prêtre pour ses soins, lui promettant de revenir bientôt terminer sa quête.
Puis, claudiquant, elle se dirigea vers l’auberge.

Elle fut troublée que toutes les personnes qu’elle croisait dans les rues s’écartent à sa vue, baissant la tête mais elle était trop concentrée pour s’arrêter et les interroger.

Elle décida d’entrer par la porte de l’auberge, bien trop épuisée pour en faire tour.
Dungal s’approcha d’elle sans la reconnaître et l’invita à s’asseoir près du feu. Geena lui apporta une chope de cidre qu’elle vida avant que l’aubergiste ne s’excuse de ne pouvoir lui offrir de repas chaud.
Siana n’osait encore se dévoiler à elle, elle avait honte de l’avoir abandonnée.
Quand la salle se fut vidée, elle ôta son heaume et attendit la jeune femme.
- Mon Dieu, Siana !!! mais que…

Alors la jeune fille lui expliqua ce qu’elle avait vécu et se confondit en excuses pour son absence. L’aubergiste secoua la main, montrant que cela n’avait guère d’importance. Puis, elle se pencha maternellement sur la blessure de Siana qui suintait de nouveau et, demandant à Dungal de venir tenir compagnie à la jeune fille, elle  se dirigea vers la cuisine pour préparer un cataplasme.
Dungal resta muet, les yeux fixés sur elle. Elle tendit une main qu’il refusa.
- Tu m’as fait peur, Siana. J’ai cru que tu étais morte, comme mon père…
- Je ne peux pas te promettre qu’il ne m’arrivera rien, Dungal mais je te promets de faire mon possible pour honorer ma promesse envers toi. Tu seras mon écuyer un jour, Dungal et nous lutterons ensemble contre les forces du Mal.

L’enfant sourit malgré les larmes qui coulaient sur ses joues.
- Tu souffres beaucoup ?
La jeune fille grimaça en guise d’acquiescement et déjà Geena revenait les bras chargés.

Elle retira les bottes et les chausses de son amie et nettoya sa plaie. Siana gémissait malgré ses efforts, la douleur irradiait  dans son corps tout entier. L’aubergiste déposa un emplâtre verdâtre dont l’odeur doucereuse souleva le cœur de Siana mais la douleur se calma instantanément.
- Mais tu es une sorcière, ma sœur Dit Siana en souriant.
- Ne te l’ai-je pas dit ? Je viens d’une grande famille de guérisseurs du Lothian, et c’est pour ça qu’ils estiment que mon mariage avec Alaric est une mésalliance. Dungal a hérité de certains de leurs dons et je lui enseignerai ce que je sais quand il grandira.
- Ne tarde pas ma fille, Dungal a besoin de savoir, maintenant…

Geena s’assombrit soudain. Puis, se reprenant, elle proposa à Siana de l’aider à monter se coucher.
La jeune fille accepta avec ferveur, se promettant de revenir à la charge très vite pour son protégé.

Dans la nuit, l’état de Siana empira soudain et son esprit s’envola vers le Surmonde.

Kerral l’attendait les bras croisés sur le torse.
- Que fais-tu là, jeune fille ? Crois-tu que ton heure est venue ? Tu n’as goûté qu’aux prémices de ce qui t’attend dans cette voie que tu as choisie et tu dois retourner te battre et te faire connaître de tes amis.
- Mais ils me renverront au McGREGOR si je vais les voir céans.
- Soit, mais tu dois retourner dans ton corps et te hâter de guérir. Ta première quête est loin d’être terminée. Tu as trouvé KlingenRose ou plutôt, elle t’a retrouvée…

Un sourire se dessinait sur le visage de l’androgyne.
- Elle prendra soin de toi si tu prends soin d’elle. Nous nous retrouverons bientôt car je dois te parler de la pierre…
- Kerral…Je…


Soudain elle se sentit tirée en arrière et secouée comme un prunier. Elle entendait des voix autour d’elle mais ne parvenait pas à les comprendre. Soudain, elle sentit une main fraîche sur son front et elle parvint à ouvrir les yeux.
- Tu nous a fais peur, ma fille.
Siana esquissa un pauvre sourire. Dungal posa sa main sur sa cuisse et la douleur sembla s’évanouir totalement.
- repose-toi maintenant, je vais rester près de toi et demain nous parlerons. Tu me le dois bien, non ?
- Oui
susurra la guerrière dans un souffle.

Puis elle s’endormit, sa respiration calme et régulière semblant emplir la pièce.
- Va te coucher maintenant Dungal. Demain, je te parlerai aussi.
- Bonne nuit m’man. Bonne nuit Mestra…

Geena le regarda, surprise, d’où tenait-il ce nom ? L’heure n’était pas aux interrogations.
Prenant entre ses doigts le poignet de son amie, elle se cala dans le fauteuil et se laissa aller au sommeil.

Alors que le soleil se levait sur LightHaven, que la vie reprenait ses droits, Siana s’éveilla et s’étira dans son lit. Elle fut surprise de sentir la main de Geena fermement enserrée sur son poignet. Se redressant, elle éveilla l’aubergiste qui la regarda d’un pauvre sourire.
- Ah, tu es réveillée…
- Oui, et je me sens bien. Ma jambe…

Se penchant sur sa cuisse, elle vit que la vilaine plaie suintante avait laissé place à une fine cicatrice blanche, presqu’invisible.
- Mais ? Comment ?
- C’est Dungal… Tu as raison, Siana, je dois lui parler et vite de son héritage.


Siana approuva de la tête. Puis elle se leva pour vaquer à ses occupations, renvoyant Geena se reposer : la serveuse embauchée par Geena la veille suffirait bien pour ce début de journée.

En milieu de journée, Geena vint s’asseoir dans l’office auprès de Siana qui préparait déjà les repas du soir et lui demanda tout de go de lui raconter son histoire.
- Toi aussi, je sens que tu ne m’as pas tout dit.
Alors Siana posa son couteau et regarda Geena droit dans les yeux.
- S’il te plaît Geena, ne me juge pas…
Et elle commença à lui narrer son histoire. Elle tut juste l’interrogation qu’elle avait sur son talisman et le fait que son épée l’avait appelée. Elle lui raconta cependant que le maître d’armes la lui avait offerte et qu’il allait lui enseigner son maniement.

Elle lui parla de la quête dont l’avait chargée le prêtre du Temple, lui disant qu’hélas, elle devrait y retourner encore. Geena l’arrêta et lui demanda de lui laisser son armure pendant une heure. Un peu inquiète, Siana alla la chercher dans sa chambre, puis, après que Geena eut disparu dans le couloir, elle se remit à l’ouvrage.

Alors qu’elle découpait machinalement les légumes, son esprit une fois encore s’envola, alors que son talisman se mettait à luire dans le pochon de cuir.

- Tu m’as appelée, Kerral ?
- Tu grandis mon enfant. Ainsi maintenant tu m’entends… Tout cela va si vite…
- Je ne sais toujours pas qui tu es…
- Chaque chose en son temps… Sache que la pierre que tu portes est une pierre-étoile. Elle te servira lorsque tu seras perdue et bien plus encore mais le temps n’est pas encore venu. KlingenRose est une épée magique, la gemme en son pommeau est réglée sur ta pierre et t’aidera elle aussi à vaincre tes ennemis. Tu as encore beaucoup à apprendre mais ce que tu sais déjà te suffira à honorer ta promesse au vieux prêtre. Il est temps pour toi d’y retourner, tu reviendras me voir une fois que tu l’auras effectuée. Va maintenant…
- Mais…  



Geena était de retour et observait son amie qui semblait en transe. Elle lui effleura le bras et Siana frissonna.
- Te voilà de retour, déjà ?
- Je crois que tu as un Rendez-vous à honorer, jeune fille…

Dungal s’approcha des deux femmes, un seau en guise de casque sur la tête et un couteau de cuisine à la main.
- Je ne te laisse pas seule cette fois, Mestra…
Les deux femmes sourirent et Geena le prit par la main :
- Mon bonhomme, tu ne vas nulle part. Tu dois m’aider à la cuisine et nous avons à parler tous les deux.
En ronchonnant, le jeune garçon posa ses armes sur la table alors que Siana leur faisait un signe de la main et se dirigeait vers sa chambre.  

Une heure plus tard, vêtue de son armure, KlingenRose au fourreau et sa dague cachée dans sa botte gauche, Siana quitta l’auberge, un frisson d’excitation au ventre.

Elle entra dans le Temple, toujours vide et s’approcha de l’autel. Le vieux prêtre surgit comme par enchantement et s’approcha d’elle.
- Je pensais ne plus te revoir…
- Jamais je ne faillirai à ma parole, mon Père. Il me reste du travail à accomplir ici…
- Qui es-tu, ma fille ?
- Vous êtes tenu au secret de votre charge, n’est-ce pas mon Père ?

Le vieil homme hocha la tête et l’invita à s’asseoir.

Alors Siana s’épancha pour la première fois sur son départ de la maison de son père et se livre corps et âme au vieil homme qui l’observait. Elle lui parla même de Zohn et de ses sentiments qu’elle avait cru morts avec lui, de son engagement envers Brehan.
A ce moment là, il l’arrêta d’un geste.
- Ma fille, connais-tu l’histoire du Royaume d’Althéa ?
Comme elle secouait la tête en signe de dénégation, il entreprit de la lui conter afin qu’elle puisse choisir en connaissance de cause de poursuivre son combat.
Puis il lui demanda de réfléchir avant de retourner dans les sous-sols du temple.
Rien n’est jamais tout rose ou tout noir. Pensa la jeune fille
- Chaque chose en son temps, il est temps pour moi d’honorer mon serment.

Avisant les torches au mur du temple, elle en rangea 3 dans sa besace, pensant qu’avant de les utiliser, la lueur de la gemme de KlingenRose lui suffirait.
Elle descendit au premier sous-sol, s’assurant à l’oreille que le silence régnait. Puis, elle s’engagea dans l’escalier putride qui lui faisait face.
Les rats y étaient cent fois plus nombreux que la veille et une odeur âcre de mort et de putréfaction la saisissait.

Raffermissant sa poigne sur le pommeau de KlingenRose, elle joua de son épée anéantissant les bêtes alentour.
Au détour d’un mur, elle découvrit un cadavre en putréfaction. Récupérant ses armes, armures et talisman qu’elle se promit de rendre à sa famille, elle poursuivit son chemin.

Soudain, un ver de vase apparut devant elle : ce monstre gluant et vert lui donna un haut le cœur.
Lui faisant face, elle recula jusqu’à se cogner contre une armure.
- Ouille !!! Tu ne peux pas faire attention où tu mets les pieds?
- Excusez-moi
dit la jeune fille, confuse.
Elle se retourna, levant son épée devant le visage du guerrier qui lui faisait face. Elle entendit un rire s’élever derrière lui.
- On dirait que le père Gunthar a trouvé d’autres fous pour nettoyer son temple !

Contre toute attente, les deux guerriers étaient des femmes, altières dans leurs armures de plate rutilantes. Elles se présentèrent à la jeune fille.
- Je suis Aina SANCTIS et voici Soraya, ma compagne d’armes. Nous sommes guerrières du Temple de Brehan. As-tu besoin d’aide ?

Siana n’avait pas encore ouvert la bouche, elle ne savait pas encore si elle pouvait se fier aux deux femmes. La gemme à son cou se mit à vibrer et la jeune femme, rassurée, se présenta :
- Je suis Siana et je viens d’arriver sur Arakas. En attendant de prouver ma valeur, je travaille comme cuisinière à l’auberge de LightHaven et je loue mon épée si la cause me semble juste.

Le monstre gluant s’était approché dangereusement de la jeune fille, mais vive comme l’éclair, Soraya d’un coup d’épée la coupa en deux. Dans un grésillement, l’animal disparut ne laissant au sol qu’une pierre verdâtre.
- Prend la lui intima Aina. Ce sont des pierres de soins. Si tu te sens faiblir, croque les et tu pourras reprendre suffisamment de force pour lutter ou fuir.

Puis les deux guerrières la saluèrent et s’éloignèrent dans l’obscurité.

Siana resta un moment admirative devant les deux guerrières qui représentaient son idéal, lorsqu’un couinement lui fit reprendre ses esprits. Une horde de rats bruns l’encerclait. Poussant malgré elle le cri des McGREGOR, elle se rua à l’assaut. Après plusieurs minutes d’âpre combat, le silence retomba dans l’obscurité.

Siana arpenta les couloirs avant de trouver un nid de vers de vase. Les monstres grouillaient et crissaient dans le noir. Reculant jusqu’au mur le plus proche et reprenant son souffle, la jeune fille décida d’utiliser une des torches qu’elle avait dans son sac. Elle la jeta dans le nid. L’odeur piquante des créatures en train de mourir était insoutenable mais en quelques secondes, la fumée disparut laissant place à plusieurs pierres de soin et au milieu d’elles, intact, un vieux grimoire. Siana les ramassa puis entreprit de nettoyer le sous-sols des derniers vers de vase qui s’y agitaient.

Une fois le combat terminé, elle eut l’impression de mettre des heures à remonter dans  la nef du Temple. Elle chancelait, tant sous le poids des pierres et des objets qui alourdissaient son sac, que sous le coup de la fatigue. Ses bras la brûlaient et elle se sentait fiévreuse.

Le soleil dardait ses derniers rayons et Siana, épuisée, s’adossa à une statue de pierre. Un grondement sourd se fit entendre et elle bascula en arrière.

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La paladine de Brehan
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