Brumes


 
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 Derrière les sourires

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Des-Chenaies
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MessageSujet: Derrière les sourires   Lun 22 Avr - 16:41

Il était une fois...

Des-Chênaies regarde sa chambre, l’air absente. Rien n’a bougé depuis son départ, tout est à sa place. Elle n’a plus qu’à vider sa valise et reprendre sa vie là où elle l’a arrêtée. Elle feuillette un livre qui traîne sur une étagère, ce dernier se révèle vierge. Puis, sans trop d’explications, elle s’assoit à son bureau et trempe sa plume dans l’encre de Kralamour. La plume glisse sur le papier et les premiers mots apparaissent. Elle écrit :

Tous les contes de fées commencent par « Il était une fois » et se terminent par « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Mais puisque ma vie n’est pas un conte de fée, ma fin ne sera certainement pas la même…

Nous sommes le 2 flovor 643. J’ai vingt-six ans, mais je me sens parfois tellement lasse que j’ai l’impression d’en avoir cent. Je ne sais pas pourquoi je commence à écrire. Pourquoi maintenant alors que je viens juste de rentrer à la maison ? Les Brumes revivent et je suis comblée de retrouver l’animation qui m’a tant manquée. Pourtant, je sens le vide et le désintérêt toujours ancrés en moi. Leurs racines se sont étendues très loin dans ma tête et dans mon cœur. Il n’est pas là, il ne sera plus jamais là, alors ma famille ne sera jamais complète… Je me suis retirée du monde pendant deux longues années. Même loin de tout, plus rien n’était pareil, à commencer par moi. J’ai fui beaucoup de choses avec plus ou moins de réussite, mais je n’ai jamais pu me fuir moi ! Alors, je me suis enfin décidée à rentrer, à retrouver les gens qui m’aimaient. J’avais à peine franchi le seuil de la Brume et les câlins de bienvenue que le chagrin est revenu en un instant. La maison restait désespérément vide. Son souvenir habite chaque recoin de cette demeure si souvent parcourue. Son regard me suit partout où je vais, mais entre ces murs c’est pire encore. Mon cœur se déchire quand je crois pendant un quart de seconde qu’il va être là à m’attendre derrière une porte, ou en haut de l’escalier. Son fantôme souriant me regarde le matin dans ce doux moment qui précède le réveil, mais pas que le sien. J’ai tellement de fantômes, ils me hantent pour certains depuis une éternité. Je vis dans le passé, et je n’imagine pas d’autres projets que celui de me lever le matin, encore et encore. Mon esprit se perd souvent dans les méandres de mes souvenirs et je me prends à sourire ou pleurer pour rien. C’est sûrement pour cela que j’ai besoin de prendre une plume, de coucher sur le papier ce passé qui refuse de me laisser un avenir.

Amakna est une région tellement agréable pour grandir. Lorsque j’étais enfant, j’entendais les adultes parler de la guerre entre les deux grandes Cités. Mais peu de choses nous parvenaient, nous étions épargnés. Quelques jeunes quittaient leurs familles bien sûr ! Pour la gloire, l’honneur, les convictions ou plus souvent la solde. Peu d’entre eux revenaient, morts ou engagés sur d’autres batailles. A présent, je comprends qu’il est impossible de revenir à sa vie d’avant lorsqu’on a pris parti. Même s’il m’était possible de retourner là-bas, je ne le ferais pour rien au monde.
Pour ma part, comme j’étais la seule héritière, je n’aurais jamais pu quitter la ferme de mon père même si je l’avais voulu. Mon enfance a été absolument calme, désespérante d’ennui même. Des parents qui cédaient aux moindres de mes caprices, on m’offrait les choses que je réclamais peu importe le prix. J’apprenais tout ce qu’une jeune fille doit savoir pour devenir une parfaite épouse et mère : les bonnes manières, la musique, la danse, le chant et tout le reste. J’étais une enfant modèle, mais les crises de nerfs qui m'empoisonnaient la vie, ont commencé à être plus fréquentes et plus violentes à mesure que je grandissais. Je me sentais étouffer dans le rôle qu’ils avaient écrit pour moi. Je commençais à abandonner les robes et les bijoux pour des tenues plus confortables. Je traînais dans les jambes des domestiques, leur donnant un coup de main quand l’envie m’en prenait… Mais ce que je préférais, c’était courir les champs, grimper aux arbres et surtout voir Jonah. Il était employé par mon père comme berger. C’est l’un des rares à avoir abandonné l’armée et être revenu à Amakna. Il me racontait l’histoire de ses batailles et de ses aventures, et je me passionnais pour des contrées que je ne verrais probablement jamais. Ma mère n’arrêtait pas de me faire des remontrances sur cette manie de fréquenter les domestiques, mon père l’ignorait pensant que c’était une passade.

Il me rappela à mes devoirs filiaux assez sèchement, les premiers prétendants sont venus me faire la cour… La fortune de mon père les attirait bien plus que moi à la vérité, mais j’étais jeune et tellement jolie. Mon père a rejeté les plus pauvres, et moi j’ai rejeté les autres. A l’aube de mes quinze ans, il a perdu patience devant mon attitude qui ne s’améliorait pas. Il m’a promise à un homme que je n’avais jamais vu, un veuf sans enfants qui avait plus du double de mon âge, mais surtout autant de terres voire plus. Je me souviens avoir refusé, pleuré, hurlé. Rien n’y faisait, il s’entêtait dans ce mariage qui devait assurer ma sécurité. Le bonheur n’était pas vraiment sa préoccupation première, j’étais le contrat point final.

Le 17 Jouillier 632, c'est le jour où j'ai fui tout ça. Je suis descendu voir mon père dans son bureau, je voulais parler avec lui de ce mariage. Je voulais lui demander de renoncer, d'attendre encore un peu. Mais comme toujours, le ton est monté très vite. Il me tenait tête pour la première fois de ma vie. Il ne me cédait pas et ma mère l'appuyait comme la bonne épouse qu'elle était. Je me suis convaincue que je ne voulais pas devenir comme elle, un meuble ou un bijou qu'on expose. Je perdais mon calme, la colère s’amplifiait sans que je sache l’arrêter. Dans un coin de ma tête, j’entendis ma mère dire à mon père d’appeler Jonah. Il hocha négativement la tête. Puis, plus rien… Le trou noir. Ce sont les hurlements de ma mère qui m’ont fait reprendre conscience. Ce n’est pas la colère que j’entendais dans ses cris. Elle criait comme jamais elle ne l’avait fait… C’est la douleur qui me frappa en premier, mais j’entendais aussi sa panique. Au bout de quelques secondes, j’ai réalisé qu’elle pleurait sur quelqu’un, sur mon père qui avait sa chemise rougie par une plaie à l’abdomen. Je fis trois pas vers lui, à ce mouvement ma mère se recula vivement. Quelque chose se brisa en moi, elle avait peur de moi.
Je sentais son poids dans ma main, mais ça ne pouvait pas être ça. Ce n’était pas possible ! Pourtant, mes yeux confirmèrent, ce que mon esprit avait déduit. Je tenais la dague de mon père, il la portait toujours à la ceinture. Le sang coulait le long de la lame et se déposait goutte à goutte à mes pieds. J’avais poignardé mon père dans un excès de rage... Je laissais tomber la dague qui résonnât sur le sol de pierre, un bruit qui ne me quitterait plus désormais. Je m’agenouillais prés de lui et suppliais qu’il me pardonne. Son regard happa le peu d’âme qu’il me restait. Il me haïssait, elle aussi me haïssait. Derrière le voile de larmes, derrière le désespoir et la panique, je vis l’amour inconditionnel qu’elle me portait disparaître. Une flamme de haine prit sa place instantanément. Une flamme qui me suivrait jusqu’à l’échafaud si je lui en laissais l’occasion. Je n’ai pas attendu de voir sa réaction plus avant. Je sortais de la pièce comme un diable de sa boîte. Je bousculais au passage un domestique qui accourait vers le bureau.
Je pris la fuite à travers les champs et les pâtures qui auraient dû m’appartenir. Les larmes et la rage me brûlaient les yeux, elles m’empêchèrent de le voir arriver. Une main puissante me saisit le bras, tandis qu’il me plaquait contre lui avec son autre bras. Je n’avais jamais fait le poids contre Jonah.
« Où cours-tu comme ça, fillette ? »


Elle pose sa plume. En regardant par la fenêtre, elle voit le soleil décliner. Il sera bientôt l'heure de manger. Elle sable l'encre et referme le livre après quelques instants. Elle expire lentement, serrant son alliance qu'elle porte en pendentif sous sa tunique dans sa main, remuer le passé l'a retournée. Elle descend l'escalier et rejoint Tite en cuisine, l'air est rempli de l'odeur de tarte aux pommes. Elle passe sa main dans le dos de l'Enutrofette en souriant et entreprend de trancher le pain.

_________________
Les femmes ne sont jamais plus fortes que lorsqu'elles s'arment de leur faiblesse.


Dernière édition par Des-Chenaies le Ven 6 Déc - 14:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Derrière les sourires   Mer 13 Nov - 9:40

... une fugueuse...

Le temps est passé depuis son retour, de nouvelles recrues gonflent les rangs de Brumes. La bonne humeur est revenue dans son quotidien. Elle a essayé de reprendre la plume plusieurs fois, mais le temps lui manque. La faute du Iop surtout, Madgeek l’emmène s’entraîner dès qu’il est libre. Pourtant, Des’ ne s’en plaint pas, elle aime sa compagnie et ses efforts pour lui plaire. Il est frivole, charmant et en plus, il la fait rire. Être attirée par un disciple de Iop… Cela semble inconcevable pour elle, aussi inconcevable qu’un Sériane portant le blason des Brumes. Pourtant, Madgeek a réussi à contredire ses deux certitudes.

Ce soir-là, Des-Chênaies rentre aussi fatiguée qu’à l’accoutumée. Elle ouvre son journal, ses doigts caressent le papier et le nom de Jonah. Tout ce qui s’est passé, c’était bien avant les Brumes, avant Brâkmar, avant même qu’elle ne voue sa vie à Sacrieur. Même si elle ne lui appartenait pas vraiment, sa vie avait un sens à cette époque. Puis, il y a eu la fuite, la peur de se retourner, le sang et les larmes. Le destin que lui promit Jonah, semblait se résumer au sang et aux larmes. Il ne lui avait rien caché de ce qui l’attendait, elle l’avait accepté. « La vie n’est que servitude, mais choisis librement ce que tu veux servir » lui avait-il dit. Malgré ses efforts, elle ne se souvient pas réellement de lui, seulement des détails. C’était un disciple de Féca, il devrait avoir une quarantaine d’années à présent. Elle se souvient de son sourire franc quand il lui racontait des histoires, de sa manie de mâchouiller des brins d’herbe ou de ses mains rendues calleuses par le maniement des armes.
La plume dans l’encrier la tente, mais l’appel des couvertures moelleuses est le plus fort. Ereintée, elle se déshabille pour se glisser dans son lit et sombre rapidement dans le sommeil.
Son esprit vagabonde déjà, il reconstruit le passé, il imagine des impossibilités. Des’ sait qu’elle rêve, elle se trouve dans un endroit lumineux, éblouissant : des champs, une clairière peut-être, mais l’environnement reste flou. La lumière inonde tout, comme si le soleil lui-même s’invitait dans son rêve. Elle sent le vent et la chaleur de l’été sur sa peau. Jonah est assis dans l’herbe, un genou relevé, son bâton posé à côté de lui. Cet air nonchalant ne le quitte jamais. Le berger la regarde approcher, il est vêtu d’une tunique simple et d’un gilet en laine de bouftou. Usées par les longues journées de marche dans les pâturages, ses bottes de cuir maintiennent le bas de son pantalon bouffant. Il est bien plus vieux qu’elle, c’est un grand brun aux yeux vert profond. Le disciple de Féca lui tend la main, dès qu’elle y plonge la sienne, le vert de ses yeux s’obscurcit pour se cercler de rouge braise. La jeune femme sent ses ailes se déployer sans qu’elle le veuille, il déploie les siennes en réponse. Elles sont immenses et assombrissent les alentours. A elles seules, elles racontent l’histoire de ses batailles. Admirative comme la première fois où elle les a vues, la Sacrieur tombe à genoux devant les ailes carmin et l’aura de puissance qu’elles dégagent. La lumière disparaît peu à peu, elle se retrouve dans l’obscurité. La lune blafarde éclaire avec peine la clairière où ils se trouvent. La forêt semble se refermer sur eux, ensevelissant tout dans les ténèbres. Le cœur battant, la jeune fille cherche le réconfort dans les yeux du Féca. Il lui sourit, dénude ses crocs. Il n’en a jamais eu… L’image change, c’est Jonah sans vraiment l’être. Les crocs retiennent toute son attention, elle réalise que ce sont des canines d’Ecaflip : celles de Stroffe ? Les lèvres de « Jonah » articulent son nom.
Des’ se réveille en sursaut, le souffle court. Il n’a pas prononcé « Des-Chênaies ». Son véritable nom résonne à ses oreilles quelques secondes encore avant qu’elle ne soit complètement réveillée. Plus personne dans ce monde ne l’appelle comme ça, pas même Noctrah ou Céridwen.

Même si Brâkmar reste éternellement sombre, elle devine que la nuit est avancée. Quelques inspirations profondes lui permettent de retrouver son calme, mais le sommeil continue de la fuir. Elle enfile une robe courte en lin légèrement brodée, un motif géométrique rouge orne l’échancrure des manches et de la poitrine. Prenant garde de ne réveiller personne, elle descend les escaliers sur la pointe des pieds. La maison est calme à cette heure de la nuit, et la seule source de lumière provient du feu mourant dans la cheminée du salon. Le moindre bruit devrait se trouver amplifié mais la Brume est toujours là, fidèle, discrète. C’est une amie pour qui sait s’y fier. Elle couvre le sol en fine couche, s’enroulant autour de ses chevilles avec la légèreté d’une caresse. Les guildeux dorment, les quelques noctambules chassent une quelconque créature bien loin de la Cité.
Dans la cuisine, elle se sert un verre de rhum qu’elle avale cul-sec, puis un deuxième. La chaleur de l’alcool se répand dans sa bouche et sa gorge, elle lui réchauffe le cœur mais son rêve reste présent. Elle chuchote son nom, trois syllabes qui semblent venir de la nuit des temps. Trois syllabes qui sont le vestige de ce qu’elle a été, de ce qu’elle aurait pu être. La chair de poule envahit son corps, mais la fraîcheur de la Brume n’y est pour rien. Elle saisit un bocal tout à côté et y pique quelques biscuits, ceux que Felinho affectionne tant. D’ailleurs, en parlant du chat, on en voit la queue. La tête pleine des brumes d’un réveil soudain, elle ne l’avait pas remarqué en descendant mais l’Eca dort dans le salon, affalé sur un des canapés. Ses moustaches frémissent, il rêve de Frigost ou à quelques coups brumesques, suppose-t-elle. Elle l’observe avec tendresse quelques instants, grignotant sans appétit les biscuits du bout des dents. Puis, elle remonte les escaliers aussi furtivement que possible. Ses pieds nus évitent les planches grinçantes.
De retour dans sa chambre, le malaise est toujours palpable. Elle ouvre la fenêtre et s’assied sur le parapet, dos appuyé au chambranle. Elle savoure le calme apparent et la chaleur de la ville, laissant une de ses jambes pendre dans le vide. Un milicien qui fait sa ronde, lui jette un regard. Des’ lui sourit, avec ce sourire mutin qu’elle réserve aux conquêtes de taverne. Une belle apparition nocturne pour rompre la monotonie de sa nuit de garde. Mais elle n’est pas d’humeur volage, elle ne restera donc qu’une apparition dans l’ombre d’une maison noyée de brumes. Elle referme la fenêtre, retrouvant la fraîcheur de la demeure. Elle n’arrivera pas à se rendormir tout de suite, elle décide d’écrire jusqu’à ce que le sommeil vienne la prendre. La Sanglante allume les bougies de son bureau.


Je me débattais dans ses bras, ruant avec violence pour me dégager de son étreinte. Mais il était trop fort pour moi, dans un cri de frustration, j’abandonnais la partie. Il n’entendait plus que les sanglots, je sentis la pression de ses bras se relâcher. Il me fit faire demi-tour et essuya les larmes qui sillonnaient mes joues.
« Qu’est-ce qu’il y a cette fois ? Qu’est-ce qui engendre autant de chagrin ? »
Mes lèvres bougeaient mais aucun son n’en sortait. Mes pleurs entrecoupés de hoquets nerveux, je tendis simplement les mains devant moi. Ses yeux se durcirent instantanément à la vue du sang qui maculait mes mains et mes manches.
- Qui ? demanda-t-il d’un ton sec que je n’avais jamais entendu.
J’étais incapable de lui répondre, mes nerfs contrôlaient mes moindres gestes. Il me saisit fermement et ses doigts me meurtrissaient les bras
- Qui ? répéta-t-il sur un ton sans appel.
- P… P… Père, balbutiai-je
Il marqua une pause, le temps d’assimiler l’information et me lâcha. J’en profitai pour me masser les bras.
Une douleur fulgurante envahit ma joue, ma mâchoire claqua alors que je me mordais la langue. La gifle était tellement violente qu’elle me fit perdre l’équilibre. Je me retrouvai assise dans l’herbe, la main contre ma joue totalement abrutie par le coup. La chaleur s’étendait vers la tempe, j’avais un goût de métal dans la bouche. Je le vis me tendre la main pour m’aider à me relever. Je la pris et me rétablis sur mes pieds sans une plainte. Je crachai le sang qui envahissait ma bouche, et portait mes doigts à mes lèvres. L’inférieure s’était fendue sous le choc et ma langue commençait à enfler. C’était la première fois que je recevais un coup, mais pas la dernière assurément. Ma première leçon de survie dans le monde réel commençait et elle allait être douloureuse.

Le raffut que provoquait ma recherche nous parvint, les aboiements des chienchiens et les ordres qu’on crie. Jonah me regarda et prit sa décision en peu de temps.
- J’espère que tu sais courir !
Je regardais ma tenue qui comme souvent se résumait à une tunique simple et un pantalon. Le tout était indéniablement confortable, seule la qualité des vêtements trahissait ma condition. Ma ceinture ouvragée et mes bottes étaient du cuir le plus souple qui existe en Amakna. Le filet qui retenait mes cheveux était incrusté de pierres d’agathe.
J’acquiesçai pour toute réponse. Il me saisit fermement le poignet et me tirait derrière lui. Je n’avais pas à lui envier sa course. Je suivais sa cadence, du moins je l’ai cru un bon moment. Je ne sais pas combien de temps nous avons couru. Tout ce dont je me rappelle, c’est que j’étais à bout de force. Une pierre (fourbe sans aucun doute) se glissa dans ma foulée et je m’effondrais, je n’avais plus la force de me relever et encore moins celle de continuer. Jonah me pressait de me lever mais sa voix était lointaine, assourdie par un bourdonnement permanent. Mon cœur battait à tout rompre comme s’il cherchait à s’échapper de ma poitrine. Chaque respiration me lacerait les poumons à croire que l’air se transformait en lames de rasoir. Tout mon corps résonnait au rythme de mon cœur et chaque artère prenait un malin plaisir à l’amplifier.
- Debout, princesse. On n’y est presque. Encore un effort, ce n’est pas loin !
Il me saisit sous le bras et me remit sur mes pieds. Je le suivais mi-courant, mi-trébuchant. Mais ce rythme l’agaça, il parcourut les dernières lieues en me portant sur son dos. Le disciple de Féca s’arrêta. Je pensais que mon poids l’avait fatigué mais nous étions arrêtés devant une grande arche de pierre. Au cœur de celle-ci scintillait une matière bleue que je n’avais jamais vu encore, mais j’en connaissais les propriétés.
- Un zaap ? demandai-je avec le sourire d’une personne dont les problèmes se résolvent, Tu m’as emmené à un zaap. Où va-t-il ?
- Tu verras…
Je crus voir un sourire effleurer ses lèvres mais ce fut si rapide que je peux tout autant l’avoir imaginé.


[Je fais un aparté dans le récit, (oui j’écris pour moi. Je peux faire des apartés pour moi si je veux d’abord !) Bref, où en étais-je avant que je ne m’interrompe ? Ah oui, je reprends… Il faut savoir qu’à cette époque, la technologie zaapesque en était à ses balbutiements. Autant vous dire que le choix de destinations était très limité. De plus, je ne vous dit rien du confort des transports, à vous rendre aussi malade que… qu’un… Féca après une soirée à la taverne du coin. (Mais je ne sais pas quel « coin ». Et puis qui s’en soucie ?). Le seul truc à retenir est que le disciple de Féca ne tient pas l’alcool, enfin, je ne suis pas du genre à colporter les rumeurs. Je ne fais que répéter ce qu’on me dit]

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