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 Un temps pour la vengeance, une vie pour l'expier...

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Dryloyw

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Date d'inscription : 26/02/2013

MessageSujet: Un temps pour la vengeance, une vie pour l'expier...    Lun 11 Mar - 17:41

Au commencement ...

Le brouillard et le grésil, comme à leur habitude, couvrent la lande glaciale et quasi déserte. Quelques bâtiments austères réunis en village se pressent les uns contre les autres comme pour résister au froid et à l’humidité ambiante. Voilà trop longtemps que cet Eniripsa tourne autour de sa mère, trop longtemps qu’elle le voit la presser de ses avances dès que son père a le dos tourné ou est en quête de créatures diverses sur lesquelles prélever des ressources. Et elle, sa soi-disant digne mère, ne semble pas le repousser à d’autres moments que quand quelqu’un la surprend avec cette vile créature ailée. Cet Eni arbore des ailes immenses, d’un rouge sanglant qui inquiète tout le monde. Il est puissant et personne ne semble trop pressé d’en découdre avec lui, sans compter qu’on a toujours été sans préjugés ici, assez neutre. Quelques autres ailes rouges étaient déjà venues, des Brakmariens à ce qu’on en disait, mais certains autres étaient également des démons, mot qui faisait trembler et inquiétait, sans qu’elle ne sut bien pourquoi.

La neutralité était due en premier lieu au fait que son peuple aimait les histoires et la connaissance de ce qui se passait dans le monde, mais ces connaissances étaient réservées à une élite. Elle y aurait accès, un jour et sa curiosité dévorante n’aurait de cesse qu’une fois qu’elle aurait enfin appris tout ce que des générations avaient engrangé comme informations, histoires et connaissances sur le monde.

L’entrainement avait été dur ce matin, entrainement solitaire comme à son habitude. Ses cercles s’enchainaient doucement, trop à son goût.. Elle était loin d’être puissante, bien trop jeune pour cela, mais son père semblait la regarder très fièrement, chose inhabituelle chez un homme si peu enclin à montrer ses sentiments, ce qui était la preuve indéniable qu’elle était douée et surtout, qu’il l’aimait.
Pour cette raison, elle n’avait pas suivi la voie de la majorité : les jeunes gens apprenaient d’abord un métier, et une fois plus âgés, ils commençaient un entrainement guerrier. L’apprentissage d’une activité manuelle lui avait été épargnée et, quand les petites filles de son âge récoltaient, cueillaient ou façonnaient le pain, elle défendait sa vie contre les créatures qui pullulaient dans les rocailles et bosquets alentours.
A cause de cela également, elle était solitaire et avait développé une fierté égale à celle que son père développait pour elle en secret, lui le fier Crâ, vaillant et haut placé dans le cercle des dirigeants de la contrée, lui qui paraissait si posé et froid, ne savait contenir une brillance dans le regard quand il l’observait. Il lui avait dit plusieurs fois qu’elle était destinée à de grandes choses, car une force telle que la sienne était peu commune, mais cela échappait un peu à Dryloyw.
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Dryloyw

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MessageSujet: Re: Un temps pour la vengeance, une vie pour l'expier...    Lun 11 Mar - 17:43

Découverte et bascule.
Ce jour là, elle se sentait lasse, son arc lui pesait. Elle était rentrée chez elle à l’improviste, ne quittant habituellement jamais son entrainement avant le milieu d’après midi. Épuisée, quoi que contente de sa progression, elle comptait faire la surprise à sa mère, lui montrant sa nouvelle capacité guerrière. Dryloyw prit tout de même le temps de passer par le temple de son dieu afin de le saluer et le remercier pour cette nouvelle compétence, avant de retourner chez elle.

Aucun bruit dans la vaste demeure, curieusement, sa mère ne semblait pas se tenir dans ses pièces de prédilection, pas de trace non plus dans le petit temple familial dédié à Crâ, en retrait au fond de la salle principale. Du haut de ses 12 ans, cette anormalité la frappa, laissant monter son inquiétude, un peu écartée quand elle perçut du bruit à l’étage. Elle grimpa néanmoins les larges escaliers de pierre quatre à quatre, craignant que sa mère soit souffrante. Du pallier, par la porte entrebâillée de la chambre de ses parents, elle entendit les craquements du lit parental. Souriant, elle allait redescendre, laissant à ses parents l’intimité qui leur faisait tant défaut depuis un moment, à cause d’une distance qui s’était installée entre eux … Mais une chose accrocha son œil quand elle détourna la tête vers les escaliers : par la mince ouverture de la porte, elle vit le pommeau d’une baguette, baguette qu’elle ne connaissait que trop, l’ayant maintes fois vue à la ceinture de Zolsann, l’Eni si proche de sa mère ces derniers temps. Fronçant les sourcils, le cœur battant à tout rompre d’angoisse, se sentant trahie au plus profond de son âme, elle pensait à son père, lui qu’elle aimait et admirait tant.
Elle avança juste assez pour s’assurer que le cauchemar qu’elle imaginait était bien réel. Les ailes qu’elle vit dépasser du lit de ses parents suffirent à l’assurer de l’infidélité et de la trahison de sa mère. Ecœurée, elle avait néanmoins hérité de la froideur et de la réflexion de son père. Elle redescendit sans un mot, et n’adressa plus jamais la parole d’elle-même à celle que désormais elle n’appellerait plus jamais « maman », celle qu’elle ne désignerait plus aux autres qu’en l’appelant « elle », comme si oublier son prénom la rabaissait au rang le plus infâme, ne lui accordant plus qu’un statut de génitrice. En parallèle, elle se contentât de la regarder, les mois suivants, avec ses yeux glacés et changeants de la couleur de la brume d’hiver.

Quelques semaines passèrent, quelques mois. Sa mère semblait de plus en plus mal à l’aise, souvent malade et alitée. Elle pleurait souvent, fuyait le regard dur et inquisiteur de Dryloyw, et la jeune cra pensait que c’était à cause de ses yeux sans amour que sa mère était mal à l’aise. A moins que cela soit du au fait que l’eni avait disparu sans un mot un beau matin, peu de temps après que Dryloyw les ait surpris. La perte de son amant pouvait aussi être la vraie raison de l’attitude récente de sa génitrice. Puis, son père vint la trouver, souriant et apparemment heureux, il lui annonça qu’elle allait avoir un petit frère ou une petite sœur prochainement. Lui si fin, si prompt à distinguer les mensonges, les fourberies, lui si amoureux de sa femme, se laissait leurrer par son épouse adultérine. Le temps passa. Plus sa mère s’arrondissait, plus la jeune Crâette s’entrainait avec acharnement, sans pour autant progresser : apparemment, le courroux n’était pas le bon moteur pour maîtriser les arts difficiles de Crâ: sa main tremblait trop de rage et son œil trop souvent embué de larmes de haine pour être précis et efficace. La fureur contenue, voir son père heureux de cette future naissance, ignorant de tout, la rendait folle de douleur et  de rancune.

Le temps de l’enfant était arrivé, enfant au sujet duquel la jeune fille nourrissait encore l’espoir qu’il s’agisse de l’enfant légitime de ses deux parents. Mais le soir de la naissance, on lui présenta sa nouvelle petite sœur, un petit bout d’éni aussi bleu que le ciel d’été. Même si il arrivait parfois que deux parents d’une classe engendrent un enfant d’une classe autre, l’embryon d’espérance s’éteignit : pour elle, ça n’était pas un caprice du hasard, mais bien la preuve qu’envoyait le dieu Crâ de l’infidélité de sa mère. Cette dernière d’ailleurs, le savait, car sa mine décomposée n’était pas due uniquement à la fatigue de l’accouchement. La  haine que lut Dryloyw dans les yeux de sa mère, alors qu’elle aurait du regarder cette enfant avec amour si il avait été légitime, finit de la convaincre, tout en l’inquiétant pour le sort du bébé. Elle avait prié son dieu de l’aider à protéger cette enfant, jurant de la défendre toujours, car les regards de haine et de dégoût de sa mère se faisaient de plus en plus nombreux quand elle regardait sa fille.


Dernière édition par Dryloyw le Dim 1 Mai - 19:12, édité 1 fois
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Dryloyw

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MessageSujet: Re: Un temps pour la vengeance, une vie pour l'expier...    Lun 11 Mar - 17:46

Non retour

Elle commença à dormir très peu, restant à l’affut du moindre bruit venant de la chambre de sa petite soeur, chambre contigüe à la sienne. Elle se levait discrètement à chaque repas nocturne du bébé, restant dissimulée, invisible afin de surveiller sa mère à chaque fois qu’elle était seule avec elle. Quelques jours à peine après la naissance, une nuit que son père était en chasse nocturne afin de repousser une attaque de créatures loin de la ville, elle vit sa mère sortir de sa chambre aux appels stridents de l’enfant, comme à son habitude. Cependant, au lieu de la petite bouteille de lailait qu’elle apportait habituellement pour le nourrir, un rayon de lune se reflétât sur une lame, une lame de dague acérée et aiguisée. Le sang de Dryloyw bouillonna sur l’instant, l’adrénaline prenant le pas sur la peur, les sentiments, la raison. Elle la suivit, ses Dagues en main, dagues qu’elle ne quitterait plus jamais et se plaça à proximité du berceau. La petite Eni pleurait de faim et sa mère ne semblait concentrée que sur sa dague, décidée à faire cesser les cris, non avec de l’amour, mais en lui apportant la mort …
La jeune fille voulu quand même être sure des intentions de la femme, car tuer son propre enfant, même illégitime, lui semblait totalement inconcevable, et elle ne pensait pas que la haine de sa mère pouvait la faire tomber aussi bas dans la vilenie et l’impardonnable. Espoir vain, la lame se posa sur le torse de l’enfant : elle entama la peau sur quelques centimètre, laissant perler son sang et accentuant d’autant les hurlements, elle entamait une pression qui allait être fatale, dont le seul but était de transpercer un jeune cœur innocent, mais elle stoppa, tombant dans le berceau, inoffensive. La seconde suivante, un flot de sang éclaboussa l’intérieur du berceau et le bébé qui s’y trouvait toujours hurlant, un bruit sourd de corps qui s’effondre se fit entendre. Sans bruit, Dryloyw se plaça dans ce qui restait encore pour quelques fractions de seconde, le champ de vision du corps presque inerte de celle qui avait été sa mère : elle voulait qu’elle emporte dans sa tombe l’image de celle qui venait de lui prendre la vie. Ses dagues dégoulinaient du liquide sombre provenant de la gorge qu’elle venait de trancher froidement.

Elle prit le petit être ailé dans les bras, le nourrissant et le soignant rapidement, laissant le corps dans la chambre, tel qu’il était tombé. Leurs affaires étaient prêtes : son père, dans son amour et son aveuglement, risquait de ne pas la croire. Dans le cas contraire, il ne supporterait pas la vue de cette enfant qui n’était pas la sien : la seule solution était de fuir. Elle avait cependant décidé de lui laisser une lettre explicative, car elle se devait de lui révéler la vérité. Mais elle comptait brouiller les pistes, détourner les recherches éventuelles vis-à-vis de sa sœur et les concentrer sur elle. Le temps pressait car il pouvait rentrer d’un instant à l’autre : l’aube se levait déjà, elle couvrit l’enfant afin de la préserver des brumes matinales, emporta ses dagues et l’arc qu’elle porterait bientôt, un peu d’équipement, réveilla Plume, son fidèle chacha angora et partit vers le quartier marchand qui s’éveillait déjà. Elle savait qu’une caravane marchande de passage s’en allait ce matin tôt vers le sud, elle avait aussi entendu dire qu’un des marchands de plantes pour alchimistes avait récemment perdu sa femme et leur enfant à naitre, qu’il en était désespéré. Elle espérait faire le bon choix en lui confiant sa sœur. Elle n’avait de toute façon pas d’autre alternative, ne sachant pas elle-même si elle survivrait très longtemps seule, les hommes de son père aux trousses : elle ne pouvait faire courir ce risque à un bébé, et n’aurait rien à lui offrir de bon avant longtemps.

Arrivée dans le quartier des marchands itinérants, elle repéra rapidement la roulotte du vendeur, aux odeurs qui en émanaient. Se glissant silencieusement à l’arrière, elle y calla la petite du mieux possible, laissant à ses côtés ses affaires et priant pour qu’elle ne se réveille pas trop prés de la ville. Elle avait du mal à la laisser, plus qu’elle n’aurait cru, mais il le fallait : les recherches, la traque qui allait certainement suivre, elle devait mettre le plus de distance possible entre cette petite fille et elle, et surtout axer les recherches sur ses traces à elle. Du bruit provenait de la maison, signe que les marchands revenaient, elle devait faire vite. Laissant la petite éni dormir, elle descendit discrètement du chariot et fila dans l’ombre sans se retourner.

Commençait à présent une longue quête car sa vengenace ne serait totale qu'au moment ou ses dagues se gorgeraient de nouveau de sang: celui de cet infame eni. Ensuite, elle pourrait retrouver sa soeur et commencer une nouvelle vie...d'expiation.


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