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 [BG Nelligan] Prologue : les archives d'Helligan

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Nelligan

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MessageSujet: [BG Nelligan] Prologue : les archives d'Helligan   Jeu 25 Juin - 10:20

Histoire d’Helligan : la malédiction des terres glacées

Ces précieux documents d'archive ont été regroupés et conservés par le conteur D'Helligan, Elmae. Elmae est un ancien marin, dont la vie a été consacrée au tour des mondes. Tous ses récits ont été consignés dans d'épais volumes enfermés dans la Grande Tour D'Helligan. Certains ont disparu pendant les Grandes Guerres, mais d'autres ont été préservés.

Partie I : l’étoffe d’Isaël

« Venez, regardez donc, approchez vous, admirez les magnifiques étoffes nouvellement arrivées ! » harangua un commerçant au détour d’une ruelle.
« Par ici, par ici ! Des milliers d’étoffes Firefoux pas chères !! » Hurlait- un autre

C’est jour de la célèbre foire aux étoffes aujourd’hui à Helligan. La foule est au rendez-vous, les ruelles sont quasiment impraticables. Tandis que je me promène et jette vaguement un coup d’œil aux étalages des marchands, mon regard est attiré par une magnifique pièce, l’étoffe du Maître Pandore. Son propriétaire, ayant compris mon intérêt, sort de derrière son étalage et s’avance vers moi.
« Elmae, ça c’est d’la belle, de la pure étoffe de Maître Pandore ! Il s’insèrera divinement bien dans votre anneau. Je vous en fais un bon prix ! »
« Dites pour voir ? »
« A peine 5 petits millions de kamas !! Et puisque vous êtes notre grand conteur, je vous la cède à 4.5 millions, mais uniquement pour vous !! »
Je lui souris et fit mine de reprendre ma route
« Attendez mon brave, 4 millions, mais pas plus bas hein!! »
« Non merci, je n’ai pas les moyens, au revoir Monsieur ! » Et je poursuivis ma route

Tout en marchant, je songeais : 4 millions… sale voleur, profiteur, radin… A croire que la leçon ne leur a pas servi…


La malédiction d’Isael

Autrefois, il y a fort longtemps, naquit Isaël, disciple Iop.
Jeune, courageux, robuste, il vivait isolé avec sa mère dans le dénuement le plus total, quelque part à dans les grands champs de la bourgade de Bremingan. Pauvres mais heureux, tous deux cultivaient et vendaient de la laine pour subsister. Mais un jour la vieille femme tomba malade et mourut. Isaël se retrouva seul, quitta sa cabane et décida de tenter sa chance en tant que vendeur de laine à Helligan.

Nous nous situons sous une ère prospère pour la grande cité d’Helligan, bien avant l’époque des guères opposant bontariens et brakmariens. Les Dieux avaient doté la Cité, dite « la Grande » d’abondantes ressources. L’ordre de la Hanse d’Argent venait tout juste d’être crée et y régnait en maître. Des milliers de pauvres pécheurs affluaient à la recherche de poissons rares. Puis ce fut au tour des tailleurs, des boulangers, et en fin de compte, des artisans de toute sorte de venir s’y installer et faire fortune. De somptueux navires des ports du monde entier ne manquaient jamais d’accoster ici. Les Dieux favorisaient largement la prospérité de la Grande, mais avaient émis une condition, une seule, aux habitants : que personne, même étranger, ne connaisse la misère.

Seulement voilà… quelques générations plus tard, ce « petit » détail fut oublié.

Après des semaines de marche harassante, Isaël parvint enfin aux portes de la Cité. Empli d’espoir, de courage et de rêves, il espérait bien y faire sa place et fonder une famille. Cependant, il fut rapidement rattrapé par les tristes réalités.
Les Habitants d’Helligan étaient obnubilés par le profit et la puissance. L’argent coulait à flots, les conflits faisaient rage, les guères menaçaient d’éclater à tout moment. Loin d’être un rêve, la Grande était une prison dorée, repliée sur sa haine, son orgueil et sa soif de pouvoir.

Isaël parvint néanmoins à vendre quelques laines, assez pour prendre un repas quotidien, mais pas suffisamment pour trouver une habitation, même modeste. Il dormait donc le plus souvent sous un vieux pont.

Une année, Helligan connut un hiver particulièrement rigoureux. La neige abondait, et les températures chutaient de manière vertigineuse. La nuit, Isaël affrontait un froid glacial, humide, qui pénétrait la moindre parcelle de son corps et lui coupait le souffle. Le quatrième jour, il tomba gravement malade, prit d’une forte fièvre. Il sentait peu à peu ses dernières forces l’abandonner.
Il était certain de mourir de froid très prochainement. Mais sa volonté de vivre prit l’ascendant. Muni de tout le courage dont il disposait encore, Isaël décida de demander la charité aux habitants. Il se leva, et se dirigea vers les luxurieuses maisons qui trônaient au centre de la Cité. « Il y aura bien quelqu’un pour m’offrir l’hospitalité, un repas ou ne serait-ce qu’une étoffe pour me tenir chaud » espérait-il. Malgré la honte qui le submergeait, il n’avait pas d’autre choix que de tenter sa chance.

Il tambourina la porte d’une première maison et attendit. La porte s’ouvrit, faisant place à un marchand richement vêtu.

« S’il vous plait monsieur, commença Isael, je n’ai rien mangé depuis 2 jours et je ne sais pas où dormir. Si vous pouviez m’offrir un repas, ou ne serait-ce qu’une étoffe pour me réchauffer… il fait si froid, si froid…. »
Isaël s’emmitoufla avec ses quelques loques.
« Par pitié », ses lèvres avaient peine à s’entrouvrir « aidez-moi »
Le visage du marchand se tordit de rage
« Quelle honte ! Des mendiants à Helligan !! Et l’Ordre de la Hanse d’Argent qui ne fait rien ! ». Il claqua la porte.

Déçu, Isaël tenta une seconde fois sa chance. Cette fois, ce fut une jeune femme qui ouvrit.
« C ‘est pour quoi ? » demanda t-elle
« Je vous en prie, Madame, j’ai tellement froid, je cherche un peu de nourriture, un coin chaud ou une étoffe pour me couvrir »
« Une étoffe, et quoi encore ! Comment osez-vous importuner d’honnêtes gens ! Dehors ! »
« Oh madame, je vous en …. »
La porte se referma violemment.
Isaël poursuivit ses efforts.
« Une étoffe ! lui répondit-on plus loin, vous avez une idée du prix ? Allez donc travailler ! »
« Mais je trav… ».
Vlan ! Encore le bruit d’une porte qui se referme…

Las, Isael s’assit un moment.
Les bruits devenaient sourds. Ni la faim ni le froid ne se faisait plus sentir. Il ressentait maintenant une bienfaitrice envie de dormir, d’un repos réparateur et éternel.
Exténué, il s'assit un moment, ferma les yeux, et se sentit partir, loin.. loin….
Puis il entendit une voix au plus profond de son âme : « Par l’avarice des hommes, ton heure est bientôt venue Isael »
Puisant dans ses dernières forces, Isael reprit conscience. Cette voix lui était familière, lui rappelant une bienfaisante douceur protectrice. Cette voix était également celle qu’il entendait lors de ses nombreuses prières au Temple de son Dieu.
« Iop ??? »Isaël ouvrit les yeux mais ne vit personne.
« Ils sont oublié Isael. Eux ont oublié, mais moi non. Tu vas mourir de froid Isael, mais j’ai encore besoin de toi. Par ta voix seront relayées ma justice et ma colère. Tu dois leur dire Isael, tu dois leur rappeler leur promesse et leur fourberie. Il est grand temps que le peuple paye ses dettes. »
« Mais je leur dis quoi ? je n’ai plus de force.. pitié, laissez moi m’en aller.. »
« Lève-toi ! » Commanda la voix. « Je parlerai à travers toi, debout ! ».

Alors Isaêl se leva, se dirigea vers la place principale, et harangua la foule.

« Je vais mourir de froid ce soir ! N’y a t-il personne pour m’aider ? Vous vendez des milliers d’étoffes et n’avez pas le cœur d’en offrir une ? »

Les habitants, intrigués, sortirent de chez eux.
"Que l'on fasse taire ce mendiant" criait l’un.
« Chassez-le de la Cité » fit échos un second.

«Vous avez oublié la condition ! Vous trahissez les Dieux qui vous ont couvert de richesses ! »

« La condition ? Un conte pour enfants » hurla une femme. « Vous comptez nous faire peur avec ça ! Pauvre imbécile ».
La foule éclata de rire

Isaël poursuivit : « Marchands sans pitié, vous avez sombré dans l’avarice. Les Dieux ne l’entendent pas ainsi ! Vous ne savez pas ce que c’est d’avoir si froid, ! Oh non vous ne savez pas ! Mais un jour vous apprendrez, ça oui, Iop vous le dit. Il est temps de régler les comptes avec vos Dieux. »

« Hahaha et toi tu vas savoir ce que c’est que de ternir la réputation d’Helligan ! ». La femme venant de parler jeta un bout de pain rassis à la tête du jeune homme. Puis des cailloux furent lancés dans sa direction.

Imperturbable Isaël continua :

« Que le froid recouvre Helligan pour l’éternité ! Que la glace recouvre les maisons, que les habitants restent emprisonnés chez eux ! Que les ponts soient détruits, que la mer aux abords de la Cité soit déchaînée ! Seuls, isolés à jamais vous resterez ! Et priez pour qu’un étranger vous donne une étoffe, car ce jour là, et seulement ce jour là, la malédiction sera levée !

Isaël à bout de force, s’arrêta, tituba un peu, s’écroula et ne se releva jamais plus. Il mourut de froid.

Les Dieux n’oublient jamais.. .
Le lendemain, les marchands étrangers, déjà en route vers la Grande, furent très surpris de devoir traverser des plaines peuplées de Gelées. Malgré tout, parvenus jusqu’à la cité, ils ne purent atteindre les lourdes portes. Les ponts avaient disparu. Ils découvrirent un autre spectacle, médusés : au loin ils aperçurent les toits des maisons recouverts de glace. Et loin d’entendre le brouhaha habituel, un silence assourdissant régnait sur la ville. Les ruelles étaient recouvertes d’un épais manteau neigeux, la mer aux abords de la grande était en furie. Ils firent demi-tour.

La nouvelle se répandit vite et depuis, et même après des dizaines d’années, plus un étranger n’entreprit le voyage vers Helligan.
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Nelligan

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MessageSujet: Re: [BG Nelligan] Prologue : les archives d'Helligan   Jeu 25 Juin - 10:20

Partie II : les Dieux n'oublient jamais

L'escapade D'Enyla

-« Enyla ! Enyla ma puce où es-tu ? » Appela Ticha
-« ici mamaaaaann, je joue avec Corbi ! » Répondit une petite voix.
Ticha entra dans la chambre de sa fille. Elle la trouva en plein jeu avec le chacha qu’elle lui avait offert pour son anniversaire. Elle s’approcha de l’enfant
-« maman, fit la petite voix, il fait encore froid dehors ? »
-« oui ma chérie, souviens toi, je t’ai déjà expliqué qu’il ferait toujours très très froid »
-« maman », elle mit les bras autour du cou de Ticha, « un jour papa, ben il a dit qu’il faisait froid parce qu’on a été punis, comme quand moi je fais une bêtise. »
-« eh oui, comme quand tu fais une bêtise, c’est exactement ça »
-« mais c’est papa et toi qui avez fait quelque chose de mal ? »
-« non ma chérie, ce furent tes ancêtres, il y a fort longtemps »
-« c’est quoi un ancêtre ? »
-« tu vois ta grand-mère ? eh bien imagine les grands-parents de ta grand- mère »
-« bah alors, si c’est eux qui ont fait une bêtise, pourquoi c’est nous qu’on puni ? »
-« parce que ceux qui nous ont puni, ont décidé que nous en subirions les conséquences pendant très longtemps. »
-« ohhh », la petite fille fut pensive, « bah alors ça doit être une très grosse bêtise hein ? »
-« oh oui, nous avons été méchants et égoïstes, et aujourd’hui nous le payons »
-« toi t’es gentille, maman, je t’aime »
-« ho ho viens ici ma puce, moi aussi je t’aime mon ange », elle étreignit la petite fille puis la posa à terre. « Allez je te laisse jouer, je vais te préparer un bon déjeuner »
-« d’accord maman » et Enyla reprit son jeu avec le chacha.

Quelques instants plus tard, un oiseau tapa du bec à la vitre. Corbi se mit à grogner, se précipita vers la vitre, et envoya des coups de pattes rageurs.
-« tu veux jouer avec l’oiseau Corbi ? ». Le chacha, d’un ton entendu, la regarda, et miaula désespérément. Alors Enyla grimpa sur un tabouret, s’approcha de la fenêtre et l’ouvrit. Le vent et le froid la giflèrent douloureusement. Dehors la neige tombait continuellement

La fenêtre à peine entrouverte, l’animal s’échappa, bondit vers l’extérieur et commença à galoper au loin dans les ruelles enneigées.
-« non Corbiiii, Corbiiii revient, attend moi!! »Hurla la fillette en vain. Alors Enyla se vêtit chaudement, se rua sur le rebord de la fenêtre et sauta sans difficulté. Elle se mit à courir après l’animal, en suivant tant bien que mal les traces laissées dans la neige blanche. Cependant, du haut de ses 8 ans, elle n’avait pas anticipé que les traces s’effaceraient et qu’elle serait bientôt égarée. Dans sa course, elle dépassa le bassin des pichons, puis arriva en vue du bord de mer. La tempête et les bourrasques faisaient rage, et d’immenses lames de fonds s’échouaient contre les falaises avec fracas.

Enyla s’approcha du bord et aperçut le chacha. Corbi était là, devant elle, immobile et tremblant de froid. La petite s’approcha de lui et le prit dans ses bras.
-« Corbiiii, gronda t-elle , à cause de toi maman va me punir, j’aurai pas le droit de sortir ! Méchant chacha ! ».
Elle se releva, Corbi dans ses bras, tourna le dos à la mer et se dirigea vers le centre de la Cité. Mais à ce moment là, un bruit sourd se fit entendre, un grondement au loin, puis de plus en plus proche. Enyla se retourna, et eu juste le temps d’apercevoir une énorme vague rugir devant elle.

Le voyage d'Aléane


- « Allez maman cette fois je m’en vais » fit la jeune Aléane en embrassant sa mère en larme. Ne t’inquiète pas maman, tout ira bien. Je reviendrai avec une canne tout neuve, et je pêcherai à nouveau pour toute la famille. »
-" Tu n’es pas obligée d’y aller, ma fille, on se débrouillera autrement. Je peux travailler moi aussi, je coupais du bois quand j’étais jeune, je peux le refaire !
Touchée par le chagrin de sa mère, Aléane la pris dans ses bras et lui murmura :
-« n’y pense même pas ma ptite maman. J’irai las -bas, et je reviendrai très vite, c’est promis. »
-« Helligan est une cité maudite !! Elle est devenue glaciale, inaccessible, tu vas mourir de froid las bas. Les Deux vont te punir aussi et.... »
-« mamaaaan », Aléane déposa un tendre baiser sur la joue de la vieille femme, « des contes pour enfants tout ça. Nous n’avons pas le choix, c’est la pêche qui nourrit notre grande famille, et ma canne est cassée. C’est la seule canne de cette valeur, héritée du Maître de l’Ordre de la Hanse d’Argent d’Helligan. Lui seul pourra la réparer, je dois le trouver. De plus, j’ai une mission à accomplir…espérons que cette fois… Allez, assez parler, j’y vais ».
Elle se défit de l’étreinte de sa mère et passa la porte. Elle gratifia sa mère d’un large sourire, et pris la route qui la menait vers la cité.

Son voyage dura quelques semaines, au cours desquelles elle prit le temps de visiter un peu les régions traversées. De port en port, de taverne en taverne, elle aimait écouter les hérauts conter les exploits des preux chevaliers.

L'eau glacée de la Cité blanche


Elle parvint finalement aux plaines des gelées. Le temps changea subitement, devenant froid et sec. A mesure qu’elle avançait, ce ressenti devenait de plus en plus intense. Elle s’emmitoufla d’une chaude étoffe, accéléra le pas et parvint jusqu’aux murs d’enceintes de la Cité. Une atmosphère pesante et un silence assourdissant transpiraient d’Helligan. Aléane apercevait déjà le lourd manteau neigeux et la glace recouvrant les toitures des luxueuses maisons.
A l’extérieur de la Cité, toutes les routes étaient coupées, et malgré de profondes fissures dans les murs laissant entrevoir la possibilité de s’immiscer à l’intérieur, la mer enragée rendait l’accès aux rivages impossible.


Aléane était plongée dans ses pensées lorsque soudain, elle entendit une voix appeler au secours. Elle courut dans la direction des cris et vit, de l’autre côté de la rive, une petite forme humaine se débattre dans l’eau glacée et déchaînée. Il ne lui fallut guère de temps pour s’apercevoir qu’il s’agissait d’une fillette.
« Mon dieu dans cette eau glaciale, elle ne tiendra que quelques secondes … »
De l’autre coté de la ville des habitants, intrigués par le bruit, sortaient de chez eux.

« Si j’y vais je me noie à coup sur, et quand bien même le temps que je traverse, elle sera morte de froid » songea Aléane. Cependant, inconsciente, elle plongea. Lorsqu’elle pénétra dans l’eau, elle ressentit comme des milliers de piqûres sur sa peau. Elle suffoqua, se débattit, totalement perdue. Elle entendait vaguement le vacarme des habitants qui criaient au secours, mais ne distinguait plus les appels de la fillette. Elle commença à nager la longue distance les séparant. Néanmoins, à peine quelques mètres parcourus, une vague s’abattit sur elle et l’emporta, l’aspirant vers le fond. Elle se sentit secouée dans tous les sens, écartelée par la force du courant. Ses forces l’abandonnaient, sa respiration devenait de plus en plus lente. Elle tenta à nouveau de gagner la surface, fit quelques brasses, suivit la lumière du jour qui devenait de plus en plus proche, ne fut qu’à quelques mètres de la surface, de l’air, de la vie…
Une autre vague déferla sur elle.
C’était la fin.

La venue de l'Etrangère


Une lueur, une sensation de chaleur, mais une douleur cuisante aussi… Ce fut la vue qu’Aléane recouvra en premier. Puis elle prit doucement conscience de ses membres, et de son corps tout entier qui semblait lui parler douloureusement. Elle perçut enfin quelques sons, notamment celui d’une femme près d’elle.

Elle était dans une chambre, allongée dans un lit près d’une cheminée, chaudement emmitouflée dans du linge propre. Elle tourna la tête et vit un autre lit, dans lequel était couchée une fillette, puis aperçut une femme d’un certain âge qui lui prodiguait des soins.

Soudain, à l’extérieur , des hurlements désespérés se firent entendre.
- « Enyla, Enyla « la porte s’ouvrit avec fracas.
Aléane vit une magnifique jeune femme, grande, élancée, les cheveux blonds et longs entourant son visage défiguré par la peur.
-« oh mon dieu Enilya » hurlait-elle. La femme se précipita vers l’enfant et la prit dans ses bras. « Enyla mon bébé répond-moi » pleurait –elle.
-« elle va bien Ticha, il faut juste attendre qu’elle se réveille maintenant » rassura la vieille femme en posant une main sur son épaule.
-« mon dieu que s’est –il passé ? Elle jouait dans sa chambre, et tout à coup elle a disparu et j’ai trouvé sa fenêtre ouverte ! Je n’y comprend rien, elle a dû sauter ».
-« c’est un accident, reprit la vielle, Enyla est tombée à l’eau, et on a retrouvé son chacha près du bord. Ce sont les hommes qui l’ont repêchée, ainsi que l’étrangère ».
« L'étrangère » ? Ticha écarquilla les yeux et regarda Aléane qu’elle remarqua pour la première fois.
-" L’étrangère a sauté dans l’eau de l’autre coté du rivage pour sauver ta fille, poursuivit la vieille. Mais une vague l’a emportée. Heureusement elle a dévié non loin d’Helligan, et des hommes sont allés les repêcher toutes les deux. Tu as eu beaucoup de courage et d’inconscience étrangère » !

-« Je m’appelle Aléane » répondit la iop .

Ticha se releva, s’approcha d’elle, et murmura :
-« merci Aléane ». Je m’appelle Ticha, et ma fille Enyla. La vielle femme est notre éniripsa. Soit la bienvenue à Helligan. ».
-« merci, comment va Enyla ? »
-« elle va bien, elle est choquée mais va s’en sortir. D’ou venez-vous et que faites vous ici ? »
Aléane raconta son histoire et son voyage.
-« vous trouverez facilement Gausse, le Grand maître de l’Ordre de la Hanse d’Argent, près de la maison de la pêche, au cœur de la Cité. Cependant, je dois vous avertir que… »

Elle fut interrompue par le bruit violent d’une porte qui s’ouvrit à tout volée. Un homme richement vêtu, porteur de l’écusson de l’Ordre de la Hanse, fit son apparition et se dirigea vers Aléane.
-« une étrangère ! mon dieu c’est une étrangère, ici, à Helligan !! hurlait-il un miracle, enfin !! La malédiction levée !! Enfin, enfin !! ».
Il s’approcha à grands pas vers Aléane, mais Ticha anticipa ses mouvements et barra le passage.
-« laisse la tranquille Banach, elle a failli se noyer et vient tout juste de reprendre conscience »
Mais Banach insista désespérément
-« une étoffe, par pitié, étrangère, donne nous une étoffe »
-« Banach, va t-en ! ». Ticha repoussa l’homme vers l’extérieur de la pièce et claqua la porte.
Réalisant à peine ce qui venait de se produire, Aléane questionna :
-« pourquoi m’a t-il demandé un étoffe à tout prix ? Pourquoi ma venue serait –elle un miracle, n’y t-il jamais personne ici ? »
-« Laisse Aléane, n’y prête pas attention. Si tu es seule, je te propose de t’héberger en attendant que ta canne soit réparée. »
-« oh merci bien, j’accepte avec plaisir, d’autant que je n’ai plus assez d’argent pour me payer l’auberge, et par ce froid, je n’avais guère envie de dormir dehors »
-« Oh non crois moi, moi vivante, jamais plus personne ne dormira dans la rue » murmura Ticha pour elle même, de façon inaudible.

Mais Aléane avait entendu
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MessageSujet: Re: [BG Nelligan] Prologue : les archives d'Helligan   Jeu 25 Juin - 10:20

L'étoffe de l'Etrangère

Quelques heures plus tard, quand Enyla alla mieux, Ticha les emmena toutes les deux chez elle. Aléane apprécia la chaleur et la douceur du foyer, un confort auquel elle n’avait pas goûté depuis longtemps. Tandis que Ticha se rendait à la cuisine pour préparer un bon repas, la jeune iop s’assit devant la cheminée. Enyla la rejoignit et vint sur ses genoux.
-« pourquoi t’es là dis, madame ? »
-« appelle moi Aléane, répondit la iop en souriant. Hé bien tu vois, j’ai cassé une très belle canne, sur seul le Maitre de l’Ordre peut réparer ».
-« alors tu n’as pas fait la bêtise toi hein ? »
-« de quoi me parles- tu Enyla » ?
-« ben la bêtise à cause de laquelle il fait très froid ! Nous on a été puni pour tout le temps »
-« non, je n’ai pas fait de bêtise » elle étreignit la petite et joua avec elle.

Ticha revint et apporta le repas. Toutes 3 se mirent à table.
-"Ticha, elle est donc vrai cette histoire de malédiction ? » Demanda soudainement Aléane
Ticha s’arrêta net. « Oui elle est réelle » répondit-elle.
-« que s’est –il donc passé ici, Helligan n’a pas toujours été comme cela n’est ce pas ? »
-« non il y a bien longtemps, Helligan était une Cité éclatante » commença Ticha, puis elle raconta l’histoire d’Isaël .
-« Oh mon dieu, fit la iop quand Ticha eut fini, mais alors, il suffit que je vous donne une étoffe pour vous sauver ? Mais c’est fac… »

Des bruits sourds se firent entendre à la porte, des coups violents et un brouhaha de plus en plus assourdissant provenaient de l’extérieur de la maison. Ticha se leva d’un bon et courut jusqu’à la porte, tandis que la petite Enyla se réfugia auprès d 'Aléane.

-« laisse nous rentrer Ticha, fit un homme à la vois grave lorsque la jeune femme ouvrit la porte, nous devons parler à l’étrangère ».
Sans lui laisser le choix, l’homme s’introduisit dans la pièce, suivit par une poignée d’habitants. Aléane reconnut Banach dans l’entrebâillement de la porte
-« Etrangère, commença Banach, connais-tu l’histoire de notre ville ? »
« je la lui ai raconté, répondit Ticha, laisse nous tranquille »
-« non, non je la laisserai après qu ‘elle nous ait apporté une étoffe, ça fait bien trop longtemps que nous souffrons, que cela cesse ! »
« que nous souffrons ? et Isaël qu’ils laissèrent mourir de froid, crois –tu que nous souffrons autant que lui ? »
« Nous payons pour une faute que nous n’avons pas commise Ticha, fit un autre habitant. Souhaites-tu voir grandir ta fille dans une ville aussi sinistre ? »
« Je souhaite surtout que ma fille comprenne le mal qui a été fait, et contribue à ce que plus jamais cela ne se produise ! C’est une honte que nous devons tous partager ! »
«- tais-toi Ticha ». Banach la bouscula, et s’avança vers Aléane.

-« ne faites pas de mal à Ticha, je vais vous la donner votre étoffe » et la iop se leva, enleva l’étoffe qui lui servait de capeline, et la tendit à Banach
Mais Ticha s’interposa.
-« non Aléane, garde ton étoffe, regarde les tous, crois- tu que nous la méritons ? »
Et Ticha se tourna vers la foule :
« Croyez vous vraiment que vous la méritez ? Croyez- vous avoir compris la leçon ? Regardez avec quelle agressivité vous vous en prenez à elle ! Non pas d’étoffe pour nous, tant que vous n’aurez pas compris ! »
« Tu nous ennuies à la fin, reste ici si tu le veux, l’étoffe est à nous ! »Banach s’approcha de Ticha et la repoussa.
« Oui l’étoffe!!, l’étoffe !!» enchaîna une femme qui se précipita vers Aléane
« Donne nous l’étoffe, on veut l’étoffe ! » et bientôt les habitants se ruèrent vers la iop. L’un d’eux tenta d’arracher l’étoffe des mains d’Aléane, qui se débattit tant bien que mal. Bientôt, la dizaine d’habitants présents se précipitèrent vers Aléane, la bousculèrent, la piétinèrent et se battirent pour récupérer le bout de tissus. Aléane lâcha l’étoffe et protégea Enyla tant bien que mal.

Le Grand Maître de l'Ordre de la Hanse d’Argent

-« Cessez donc cette folie, gens de peu de foi !». Cette fois, ce fut une voix sourde et grave que les habitants entendirent.
Les habitants stoppèrent net, se tournèrent et restèrent immobiles, ce qui permit à Aléane de se relever. La jeune femme vit une grande silhouette dans l’embrasure de la porte, et reconnut sur la cape l’insigne de l’Ordre.
-« Grand Maitre » murmura Ticha
Gausse s’avança et poursuivit :
-«Ticha a raison, cette étoffe, vous ne la méritez pas ! ». Il se dirigea vers Aléane qui prit peur et recula.
Gausse se pencha, ramassa l’étoffe, et la tendit à la iop . « Vous n’avez rien jeune fille ? »
-« non ça va » , murmura Aléane, choquée.
-« Grand Maître, commença l’un des habitants, mais enfin vous êtes comme nous quoi ! Nous avons froid depuis si longtemps, l’histoire d’Isaël est horrible, mais ce n’est pas de notre faute ! »
-« C’est de notre faute à tous ! Regardez vous misérables, regardez la façon dont vous vous comportez ! Je suis le Grand Maître de l’Ordre, et par Iop, il n’y aura pas de délivrance pour Helligan tant que vous n’aurez pas compris ! »

Le Grand Maître sourit à Aléane.

-« Va, fille de la lignée D’Isaël, retourne d’où tu viens, il n’y a encore rien de bon ici »
-« Vous savez donc qui je suis ? demanda Aléane. Alors soit, ne cachons pas la vérité plus longtemps. Oui, peuple d’Helligan, continua t-elle devant les habitants médusés, je suis la descendante d’Isaël, venue pour vous délivrer de votre malédiction. Mais vous ne la méritez pas ! Avares, égoïstes et idiots, tels vous êtes, et tels toujours vous resterez ! "

Cependant, Aléane se retourna vers Ticha:
-" toi, jeune fille, tu m’as réchauffé le cœur et redonné l’espoir. Accepte mon aide pour traverser les mers et quitter la Cité. Tu m’as aidée, à mon tour de le faire. Quant à vous autres, réfléchissez à ce qui vient de se passer. Je vous prédis bien des malheurs »
-« Attendez, Attendez !! cria Banach ! Oui vous avez raison, nous avons eu tord de nous conduire ainsi. Dame Aléane, veuillez-nous pardonner, nous sommes si nerveux. Pitié, aidez nous »
-« Aucune pitié ne vous sera accordée, passez votre chemin. Et souvenez-vous de ceci : les Dieux n’oublient jamais…. »

Le lendemain, Aléane quitta la Cité avec Ticha et sa fille. Ticha s’installa à Akmana, dans une petite cabane modeste, mais confortable, et entama un élevage de bouftous.

Helligan resta couverte de glace pendant longtemps encore.

Personne n’entendit plus jamais parler d’Aléane.

A suivre : l’enfant désiré
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