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 A la lueur d'une vie éteinte.

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Sacré du Ciel
L'Ombre de Lave
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MessageSujet: A la lueur d'une vie éteinte.   Jeu 4 Sep - 13:57

(Etant concernés par ces textes, je me permets de le poster ici au même titre que plusieurs forums RP.)

J'allumais une pipe bourrée à la feuille de chanvre, afin de trouver le courrage de coucher sur papier ce que je n'osais me dire à moi-même. Bon nombre de gens me connaissent sous plusieurs noms. Mais nous allons faire simple et commencer par les présentations.
Je me nomme donc Aioria DraX, fils de feux Dragon DraX et Shadow White, et je suis né à une époque ma fois fort troublée. Mais ayant déjà rédigé un essai sur cette partie là de mon passé, je me contenterai de passer et d'effectuer une brève éclipse narative. Je tenais à avouer ce que je ne peux avouer à mi-mots, ni même dans ma tête sous peur de me décevoir. Voici donc ce qui s'est passé à la fin de ma première vie, si l'on peut l'appeller ainsi.

Bandit de grand chemin pendant un moment, j'ai fini par me ranger et retourner à mes occupations passées à Brakmar. Nulle organisation militaire n'existait plus, et je dois bien avouer que j'en étais content. La vie active ne m'intéressais plus, et je voulais trouver quelque chose de plus calme, de plus lucratif qu'avoir du sang sans cesse sur les mains et de mener hommes femmes et invocations à une mort lente et douloureuse. Avant toute choses, gens qui osez lire cet écrit, acceptez ceci comme non pas une vérité, mais comme une vision objective de ce que je fus, et de ce que dans les mémoires j'espère être.
Ma nouvelle ascension sociale eu lieu un soir de novembre, quand je rencontrais un des trois Sièges dans les rues de Brakmar, et plus précisément sur la place marchande. Orshal la Sombre se tenait avec son fils sur le trottoir, et elle engagea la conversation, me voyant sans blason ni ordre. Sans doute n'ignorait-elle pas que j'étais un fervent citoyen de Brâkmar, ou simplement qu'elle voulait recruter de nouvelles personnes au sein de sa guilde. Elle me proposa sans embarras de me présenter à ce qui sera pendant un long moment mon foyer, ma vie, mon métier, et ma famille: l'Assemblée de l'Ombre.
La candidature fut rude, et longue. Je me souviens avoir tremblé devant les antités présentes le jour où pour la première fois je passais l'immense porte de chêne. Les membres n'ont pas lésinés sur les pics et ma détermination fut mise à rude épreuve. Quelques temps plus tard, je fus convoqué par KaniBhaal, bras droit du meneur et co-fondateur, ce me semble, dans la Tour de Brâkmar. KaniBhaal, vétu de brume afin que je ne puisse voir son corps, me questionna longuement, et me parla de l'histoire de Brâkmar. Etait-ce un test, je l'ignorais, et je l'ignore encore aujourd'hui. Cependant, sur l'insistance d'Orshal, il me remis le blason de l'Assemblée de l'Ombre que je garderai jusqu'à ma mort sur le bras droit. Ma parole est une avec moi-même. Je rencontrais alors l'Assemblée de l'Ombre, non pas telle qu'elle paraissait être, mais telle qu'elle était vraiment: une immense famille, plus ou moins unie. Je suis toujours fier au souvenir de me savoir accepté, non pas après avoir reçu le blason, mais au fil du temps. La personne la plus dure fut KaniBhaal et, si ma mémoire ne me trompe, je mis au moins un mois et demi pour qu'il m'accorde sa confiance. J'ai, et j'admire toujours, même aujourd'hui alors qu'il est parti au loin, admiré cette personne, mon mentor, mon maître et mon ami.

Quelques mois plus tard, Orshal et Simsoft annonçaient leur départ. L'Assemblée ne leur convenait plus, et ils fondèrent leur guilde, emportant la moitié des nôtres. Depuis ce jour, je pense que je ne voyais en Orshal qu'une personne haissable et détestable. Nos relations furent rapidement mises à terme, et je pense que ce ne fut pas une grande perte pour ma part. KaniBhaal replaça longuement Maquisard, absent pour des raisons obscures qui ne regardent que lui, et c'est à cet instant que l'Assemblée me montra ce à quoi elle était destinée: être une toile d'areignée sur laquelle Brakmar et ses allentours reposent, afin de la protéger et d'enrayer au mieux les menaces. C'est là où je perdis toute trace d'innocence, et où je me séparait de la partie machiavélique de mon âme, la scellant dans une dague confiée aux bon soins de la Lave, jugeant meilleur pour moi et pour mes proches de ne pas me voir apparaître sous un jour cruel et quasiment démoniaque. Mes yeux changeaient de couleur selon mon humeur en trois types: bleu, gris et rouge. Le rouge était rare, et n'apparaissait qu'en cas de forte exitation ou iritation. Le gris trahissait ma tristesse et ma mélancholie, alors que le bleu me montrait, la plupart du temps, sous un jour heureux, calme et posé. J'appris beaucoup, en très peu de temps, et passait de simple citoyen à espion au service non pas du gouvernement, mais de Brâkmar. Nous avions, à l'Assemblée, si je me rappelle bien, une vue très dissociée des Trois et de Brakmar. La présence de démons, et démonistes, dans la ville nous hérissait le poil mais malheureusement, c'était ainsi.

Longtemps après moi arriva une femme. Glaciale. Traitre à Bonta, amante ou non à l'époque, je ne le sais, de KaniBhaal. Notre première confrontation ne fut pas une mince affaire. Notre ton montait vite, et elle m'exaspérait au possible. Elle menaçait chaque jours de partir si on ne lui plaisait pas, et il fallait tourner au carré avec elle. C'était lassant. Mais nous finimes par bien nous entendre, et je découvris la femme derrière la guerrière. La femme douce, soyeuse et tendre, aimante et calme. Je la considérais comme ma soeur. Je le dis comme ça. Notre affection était comme le feu et la glace. C'est pour ça que nous finîmes par nous surnommer l'Ombre de Glace et l'Ombre de Lave. Rien que de penser à ce titre me rend nostalgique d'une époque révolue.

Il y eu la libération d'Uk. En tant qu'Ombre, je me devais d'être présent, même si la réussite de cette mission ne me paraissait guère joyeuse. Sor Taroth était proche d'Uk not Allag, et je jugeais bon, pour espionner, de me rapprocher de lui. Ma décision fit grincer des dents pas mal de gens de l'Assemblée, mais je me campais dans mes positions. Cela ne pourrait qu'être bénéfique. Mais quelqu'un vint mettre mes efforts à néant, et ce quelqu'un fut ma tante, soeur de ma mère. Personne que je n'aurai jamais su détester, ni aimer. Elle vendit la mèche, et je me fis refouler par Sor Taroth peu de temps après. Ce fut un de mes plus cuisants échecs en tant qu'Ombre.

Puis on entendit parler d'un marchand qui vendait un certain coffre, un certain Madryck. Coffre qui s'ouvrait si et seulement si des Brâkmariens (et non des démons, ou démonistes) prononçaient une phrase devant celui-ci. Alors que je me posais questions et réponses feintes mentalement pour savoir comme le rencontrer, il me contacta. Il me donna un parchemin que moi seul pouvait lire, fragment de la clef du coffre. Je me rappelle de son kwak de glace apprivoisé, Fyfy, une horreur. Il mis en lambeaux mes habits d'aristocrate comme on mange une pomme. Enfin, ce fut une guerre des nerfs pour connaître ou découvrir les autres fragments de la clef. Ce fut pendant cette affaire que le Concile Pourpre naquît.
Un soir, Noctrah, membre du Concile Pourpre et Eminence Grise des Dies Irae, vint chez moi, accompagnée par Sacavinasse, Eminence Grise des Blackmage Incorporation, Céridwen, Eminence Grise de l'Assemblée, et quelques autres. Le coffre avait été vendu à Orsa, et Orsa avait été convié je ne sais plus comment chez moi, avec le coffre. Nous devions parler et négocier le coffre contre la clef, que l'on avait réussie à obtenir et qui était à peu près: "Le coffre de la tour à tout cris sera sourd si ce n'est celui d'un mort..." Et il manque un passage parlant de Rushu. Afin que le coffre s'ouvre, Sacavinasse se sacrifia et se transforma en une âme érante. Nous le ramenions à la vie peu après. Afin qu'Orsa nous donne le coffre sans rien demander en échange, Noctrah lança le Jugement de Sram. Ce sort faillis lui coûter la vie, et ne dura qu'une heure: Sram tenait Orsa dans sa main et l'obligeait à faire ce que Noctrah disait. Noctrah ne pourrait jamais plus le relancer, sous peine d'une sanction de Sram lui-même. Nous ouvrimes le coffre et y découvrirent un vieux livre, aux pages blanches. Les mots apparaissent au fur et à mesure, mais il resta muet longtemps, et je doute que le Concile ne s'en soit occupé depuis.

Peu de temps après, les Brakmariens se rassemblèrent dans la tour de Brâkmar. Ils voulaient parler, organiser des batailles et choses en tout genre. Le Concile n'était pas prêt à émerger du secret, et en tant que citoyen, mais aussi en tant qu'Ombre, je me rendais au rendez vous. Il est simple de manipuler les gens, ce que je fis remarquablement facilement ce jour là. De ma voix je fis passer le message pour que les Brâkmariens s'organisent en un Conseil, de douze places, occupé par une personne représentant chaque dieu. Malheureusement, je fus moins populaire que Jeune Demon qui fut élu au suffrage universel. Mais le Conseil ne fut qu'un vague mot en fin de compte, bien loin de ce qu'il aurait pu être. Je finis par prendre la place de Jeune Demon, pour mieux étouffer le poussin dans l'oeuf, car le Concile avait décidé son avortement. Ce qui se produit. C'est, je crois, à cet instant que l'Assemblée abandonna son rôle unique, et laissa le Concile Pourpre prendre sa place.

Suite à certaines discentions, le Tisseur de Brumes et sa femme, l'Ombre de Glace, quittèrent l'Assemblée. Quand la Brume pleure des larmes de glace... Je termine ce premier parchemin car il touche à la fin de sa longueur. Avoir remué tant de tristes souvenirs me charge de nostalgie, et je mettrai du temps avant de continuer. Mais je continuerai. Tant qu'il sera nécessaire et tant que cela sera important.

En ce jour maussade de Septange, feu Sacré du Ciel, mort en martalo 638.
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Sacré du Ciel
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MessageSujet: Re: A la lueur d'une vie éteinte.   Jeu 4 Sep - 17:46

Ma plume s'agite, les mots se couchent de mon écriture belle et limpide. J'ai travaillé tard ce soir, pour payer quelques dettes et le logis insalubre où je vis, seul. Si certains me voyaient, aujourd'hui, ils rieraient tant qu'ils en crêveraient. Ma foi, ça ne serait pas pour me déplaire. Mais bientôt, bientôt, e pourrai à nouveau vivre dans une maison. Il suffirait juste que je me décide à égorger celui qui ose prétendre être mon patron et que je lui vole tout ce qu'il possède, dans l'art de ce que je suis. Mais je ne le ferai pas. Pas encore.

Je reprends donc cette plume bon marché qui est une insulte à mes talents et cette encre noire qui n'est autre que mon sang afin de confier au papier la suite. Je m'étais arrêté au moment où Ceridwen et KaniBhaal avaient quitté l'Assemblée suite à certaines discentions entre plusieurs membres. Je dois avouer avoir participé à ces discentions malgrè moi. Je m'en suis longtemps voulu, et je pense que ma fierté n'a pas arrangé les choses. Mais quelle déchirure, quel sentiment d'injustice, quelle tristesse étaient alors en moi.. Je me souviens de ces pâles journées passées à la taverne du Bwork à parler mais sans aucun espoir de retour à cette vie que je chérissais. C'est, je pense, ce qui fera de moi celui que l'on connaîtra vraiment sous le pseudonyme de l'Ombre de Lave. Un être froid, calculateur et rarement sympa. Un monstre.
Afin de laver l'affront que je pensais avoir pris de plein fouet, je devint meneur de l'Assemblée de l'Ombre avec les quelques survivants de cette ultime saignée. Je savais au fond que jamais le Cénacle des Ombres ne se relèverai. Secondé d'Ero, je réussis cependant à recruter du sang neuf. Malgrè tous nos efforts, et le départ de Rhadamanthe pour des contrées moins sournoises, Ero et moi ne réussissions qu'à offrir à l'Assemblée un ultime surcis. Aucune des personnes, et je dis bien aucune, n'avait la mentalité que je voulais leur donner, et personne ne se donner l'occasion de l'atteindre.

J'ai oublié de préciser que, pendant mon temps à l'Assemblée, j'ai eu deux amantes qui durèrent plus longtemps qu'à l'accoutumée. La première, Maluka, avait conquérit mon coeur un soir, à la taverne. Elle me ressemble énormément, et c'est ce qui a fait que l'on soit proches l'un de l'autre rapidement. Cependant, souvent en visite chez ses parents malades dans le village marin de Sufokia, nous n'avions que peu de moments à nous. Cette existance ératique me lassa rapidement, et je rencontrais alors une femme que j'épousais par la suite. Taela, elle n'était qu'une enfant mais avait la sagesse des adultes. Notre rupture me fit mal, et me conforta dans la pensée que j'avais des femmes: du plaisir et rien d'autre, sinon on arrivait à la catastrophe. D'aucuns me traiteront de misogine, je ne le suis pas. Je suis juste réaliste.

Puis Mor Ovach apparu. Et, étant devenu l'unique Eminence Grise de l'Ombre, je me portais à l'occasion pour le connaître, savoir qui il était et que voulait-il. Je pense que j'étais tellement désespéré de la perte que je me jetais dans ses griffes plus par cupidité que par réel désir d'espionner pour la Sombre Cité. Un soir, nous nous sommes livrés en combat. J'ai perdu, et je n'ai jamais cherché à faire disparaitre la cicatrice cuisante laissée par son fouet sur mon dos. J'ai pris celà pour une leçon d'humilité, je pense. Quoi qu'il en soit, je me suis approché de lui, et l'invitais de temps à autre à prendre un thé. C'était ainsi.

En parallèle j'ai rencontré à la taverne de la misère un vieil ami, amitié datant d'avant le commencement de ces parchemins, c'est dire si celà remonte à longtemps. Et cette rencontre me fit regretter une chose, une chose malheureusement que jusqu'à ma mort je me serai empêché de commettre. J'ai parlé plus tôt dans un autre parchemin de la fragmentation et séparation de mon âme. Cet homme m'a fait connaître le poids d'une décision stupide. Depuis, les yeux rouges ne m'ont plus quitté. Ils ont fait ma honte et mon complexe majeur, tant que je n'osais ouvrir les yeux que rarement. Je me déplaçais avec les yeux de l'esprit, et non plus mes yeux physiques, cependant quand je parlais à une personne de confiance, je lui faisais l'honneur d'ouvrir mes paupières, abaissant mes murailles. Peu de gens avaient ce privilège.

Mon fils ainé, Ombredemort, fruit d'une vengeance contre ma tante, venait de quitter le clan sériane, et je décidais d'ouvrir à mon unique fils intelligent, car le second, Xard, était simplet depuis que j'avais tué sa mère pour haute trahison à Brakmar, du moins, le pensions nous tous, les portes des secrets de mon sang, de ma vie, de mes pouvoirs mal vus. Si Céridwen s'appelle l'Ombre de Glace, que je surnommais l'Iceberg, ce n'est pas tant pour le fait qu'elle est moralement glaciale. Cette femme maîtrise le froid comme personne, et, de par son mariage, la Brume. Ce qui vaudra plus tard le départ du Tisseur de Brume, prétextant qu'il ne faut pas deux Tisseurs dans le même monde. Ombre fut mon plus grand pêché. Après m'être fait jeté par l'unique famille qui me restait, après l'avoir recherché longuement, mon désespoir et ma haine étaient telles que, lorsque j'appris que Shaadique ma tante avait eu un enfant mort né, je décidais de méler mon sang noir à ses ossements, et à l'aide d'une prière en langage éni oublié depuis trop longtemps, une vie éteincela dans les yeux d'un crâne, puis de la chair, puis ... Ombredemort était né. Et ce, fort longtemps avant Xard, mon fils biologique, mon fils issu d'une alliance de chair et de sentiments. Ombre me rejoigna donc au sein du Cénacle des Ombres. Puis Mor Ovach disparu, ma pseudo mission avec. J'avais alors le choix: rester seul avec le passé, ou faire concessions et rejoindre ma famille au sein des Brumes. Ce que je fis. Et Ombre avec moi. Ero comprit mon choix comme personne, mais il ne me suivit pas. Aujourd'hui encore, j'ai le sentiment de l'avoir lâchement abandonné, lui qui comptait tant sur moi.

Arrivé dans les Brumes, je fus accueillis plus chaleureusement que je n'osais m'y attendre. Titerasemottes et Bonbon me montrère une affection que je n'osais soupçonnait chez elles, et, quelque part, celà me fit du bien. Mes yeux rouges ne les rebutaient pas, et celà me soulagea. Je pense qu'en grosse partie, c'est Céridwen qui me fit accepter mon échec au sein de l'Assemblée, et notre relation de fraternité s'était peu à peu muée en relation amoureuse plus ou moins chaotique. KaniBhaal était absent, elle était seule, elle s'ouvrait à moi, je n'ai pu résister à la cueillir, non comme une de ces nombreuses femmes que je séduisais pour leur prendre leurs vertus et ensuite les envoyer balader, mais comme une vraie femme. Celle que j'ai le plus aimé dans ma longue vie d'immortel. Mais l'immortalité n'est-elle pas un cauchemar? La suite me le dira.
Ma présence aux Brumes ne posa aucun soucis, j'étais enfin retourné à la maison, même si le froid me donnait mal aux mains. La joie de les retrouver, l'amour inconditionnel que je leur portait, tout me fit renaître. Et c'est ainsi que ma vie fluctua quelques temps, au sein des Brumes. KaniBhaal était de retour, de temps à autres, je mettais un ola à Céridwen sur notre relation peu commune, la blessant à chaque fois un peu plus, j'en suis conscient. C'est ainsi que nous arrivâmes plus ou moins vite à la dernière partie de ma vie. Mais je la coucherai sur un meilleur papier plus tard, car je suis fatigué, l'aube va se lever, et je vais devoir retourner travailler. Je hais ce que je suis devenu, et je hais encore plus ceux qui ont osé me retirer de mon paradis léthal.

En cette nuit de Septange, feu Sacré du Ciel.
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Sacré du Ciel
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MessageSujet: Re: A la lueur d'une vie éteinte.   Jeu 4 Sep - 18:45

Leffe me manque atrocément. Chaque jour un peu plus. Jamais je n'aurais pensé qu'un animal puisse à ce point se lier à moi, et à quel point j'ai pu aimé cette boule de poil, cadeau de Majandra, il y a fort longtemps. C'est dans cet état de mélancholie que je trouve le courrage de narrer le dernier épisode, si je peux ainsi le nommer, de ma vie d'avant. Et ce que je vais donner au papier, nul ne sait combien il m'est difficile de l'avouer, mais, c'est ainsi. J'étais donc au sein des Brumes, et j'avais conservé contre toute attente une place au sein des Eminences Grises. Ma place sociale était à son apogée, et ce, jusqu'à ce que je meurre. Mais c'est là où se complique la trame de ma vie, et qui explique comment un être immortel chéri d'Eniripsa la déesse puisse perdre la vie.
Il est vrai que depuis fort longtemps je ne désirais ardamment qu'une chose: mourir. J'ai vu passer des vies entières sous mes yeux depuis ma naissance, et chaque mort me rajoutait une tristesse supplémentaire, une épine dans le coeur. C'est pour ça que je ne m'attachais guère plus que par nécessité dans mes dernières années. Quoi qu'il en soit, la vie peut bien paraître injuste. Cela me fait penser que pour Nowel j'avais offert à Céridwen un collier finement ciselé de mes mains avec le blason des Brumes au centre, tout fait de saphirs et d'aigues-marines.

Un jour, alors que j'étais avec Céridwen dans la maison des Brumes que l'on avait achetée et décorée sur la place de la Tour de Brâkmar, Xard, mon fils cadet, vint me trouver. Il était énervant et on aurait dit qu'il faisait exprès d'être complètement stupide. Il m'offrit un bonbon, qu'il disait avoir fait lui-même. Céridwen blémit à la vue de ce bonbon et, alors que je le mangeais, pour faire plaisir à mon simplet de fils, Xard me poignarda. Du moins, il voulu le faire en plusieurs endroits, mais Céridwen avait bondit et l'avait arrêté, puis fait laché son poignard. Contre toute attente, il en avait un autre sur lui, et poignarda Céridwen. La fureur s'emparra de moi, et d'une force spectaculaire que j'avais rarement l'occasion d'utiliser, je le maintint collé contre le mur, puis m'attelait au plus vite à soigner Céridwen, mobilisant tous mes pouvoirs de médecin, et tout mon amour pour cette femme si fragile. Xard réussit, je ne sais comment, à se libérer, et me planta une flèche explosive dans l'aine. Je pense que je n'étais pas moi-même, et je ne m'en souciais guère. Télépathiquement, j'implorai de l'aide d'autres Brumes. Nexus nous rejoint, et à ma demande alla chercher des herbes. Je suais sang et eau à tenter de soigner Céridwen qui s'éteignait petit à petit, devant moi, me donnant l'impression, à moi, d'être impuissant. Nexus revenu, il captura Xard et l'enveloppa de bandelettes afin qu'il ne nuise plus à personne. Céridwen revint à elle, quelque peu faible, et lorsque je la vis me regarder, je perdis connaissance. Lorsque je revins à moi, j'appris que Xard avait non seulement pris la fuite, mais qu'en plus il avait lancé une flèche explosive sur moi, qui avait faillis exploser alors même qu'elle était dans mes entrailles. Il avait fallu qu'Ombredemort arrive à la rescousses, à l'aide de pierres de lave, pour me réanimmer. Mais nous étions sauvés. Du moins le pensions-nous. Céridwen alla s'isoler dans la Tour de Brakmar. Je pense que si je n'étais pas venu, elle aurait mis fin à ses jours avec ce couteau de bouchêr rouillé qu'elle garde toujours chez elle, dissimulé. Mots doux et caresses parvinrent à faire passer le malaise. Mais je déchantais très vite. Xard introuvable, Céridwen faible, et moi, de plus en plus somnolant, faiblard et pâle. Je ne dors jamais, pourtant j'avais envie de dormir ce jour là.

La personnalité de Céridwen changea peu à peu, et elle devint cruelle, méchante et violente. On ne comprenait pas pourquoi. Parfois elle était lucide, et parfois elle changeait radicalement de personnalité. Nous apprîmes que Céri avait été empoisonnée avec du sang de démon, et l'on devait faire vite afin de la sauver, auquel cas elle ne serait plus jamais la même. Pour celà il fallait sauver je ne sais plus quel fantôme pour faire je ne sais plus quoi et trouver un certain alchimiste pour je ne sais quel antidote. Je n'étais pas dans mon assiette et c'est tout juste si je participais à sa survie. Je ne sais plus ce qui se passa entre le moment où je fus frappé par mon fils et où je découvris qu'une infîme pierre de lave avait été implantée en moi. Elle inhibait totalement mes pouvoirs, et c'est à peine si j'avais la capacité de sussurer un mot stimulant. Quoi qu'il en soit, le sachant, je retirai de manière sanglante la pierre de lave de mon organisme, qui explosa une fois à l'air libre. Etrangement, je me sentis mieux. Beaucoup mieux. Je réalisai alors avec stupeur que mon propre fils mentait depuis le début sur son intégrité mentale, et qu'il avait appris à mon insu à maîtriser l'élément indomptable que constituait la lave. Je confiais tout ce que j'avais appris à Céridwen, et, aussi, qu'une partie de mon âme fut scellée dans une dague confiée à la Lave. Je jugeais Xard trop dangereux pour la laisser ainsi, et, par amour, Céridwen scella la dague dans la glace de l'île de Nowel. Puis l'heure fut à la vengeance.

Je trouvais Xard dans Brâkmar un jour. J'étais accompagné de MaxAnima, qui me permis de ne pas tuer mon fils. Mais ma haine était si intense, si pure, que je l'aurai fait, pour avoir oser tenter le patricide et d'avoir blesser la femme à qui mon coeur était offert. Je me suis seulement contenté de lui crever les yeux, de le bannir de Brâkmar et de l'envoyer ailleurs. Il était un peu mourrant, il me semble. Pourtant il survit. J'appris que le poison que contenait la dague de Xard lui avait été donnée par Vil Smisse. Xard était devenu roublard sous le nom de Kranarkia bien avant de tenter de nous tuer. Mais il avait raté, et Xard, exilé de Brâkmar, choisi la route du mercenariat, où il rencontra Prunela, qui n'était autre qu'une roublarde. Roublards, ils s'aimaient. A la vie, ils étaient amis. C'est ainsi que Xardnogard rencontra Lagotar, ou du moins fit semblant de le recontrer. Xard connaissait Lagotar depuis qu'il était roublard, mais il se garda bien de le dire. C'est à cause d'eux que.. Mais passons. Après l'exil forcé de Xard, la maladie sans retour me pris. Je crachais sang par tous les orifices possibles, et craignant de salir mon image, je m'exilais chez moi. Barricadé, je n'avais contact avec aucune personne. Il se passa ainsi deux mois, à cracher sang et boyaux, jusqu'à ce que la mort ne me cueille. Xard vint me voir le jour de ma mort, et remplis les offices funéraires que je lui avais demandé.
Quand mon corps fut poussière, il lança la pierre de lave qui renfermait ce que je fus, que je suis et que je serai, dans la lave, la confiant à son tour aux bons soins d'une antité longtemps ignorée. Puis Xard disparu à son tour. Il ne se rappelle pas s'être pendu, mais d'avoir été tué. Par qui? Sans doute par Vil Smisse ou l'un de ses camarades. C'est ainsi que tous deux sommes morts. Puis, enfermés dans l'esprit d'un ami qui ne voulait pas nous voir disparaitre, nous avons été, de force, ramené à la vie, par l'Ordre du Dragon D'argent. Contre mon grè.

A présent, je vis comme une personne de bas étage, j'ai perdu mes privilèges et ma demeurre, ma famille, ma vie et mon argent. Je n'ai pas plus envie d'autre chose que de mourir, mais, comme avant, mon corps est surpuissant, et ne veut pas que je me suicide. Je me rappellerai toujours des yeux de Tiamat, le dragon d'argent, lorsqu'il sonda mon esprit. Nul jugement, seulement une incompréhension vis à vis de mes actes. Et il les avait laissé me ramener, malgrès le fait que je ne le voulais. Et à mon retour à la vie, je m'apperçu que jamais rien ne serait plus comme avant. Céri m'avait sans doutes oublié et remplacé, car l'amour est ainsi, et mes amis m'auront oublié. Mais c'est la vie.

Il se fait tard, ce soir, et quand je regarde ces trois parchemins, je me demande si je ne fais pas une erreur. Mais, tant pis. Demain, après avoir réglé le compte du sous homme qui ose me donner des ordres, je laisserai sans doutes ces parchemins à la bibliothèque, à la vue de tous, pour qu'ils sachent, qu'ils sachent que Sacré du Ciel n'était pas un monstre, mais un martyr. Puis je reprendrais ma route, et j'irai à Brâkmar, ou en Sidimote, ou en Cania, ou en Amakna, ou que sais-je, mais j'irai. Et rappelez vous, sous la roche froide et morte vit avec intensité la lave. Je suis.

En cette soirée de septange, feu Sacré du Ciel, doyen décédé de la caste DraX.
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